« Maintenant, faut presque être ingénieur pour être agriculteur ». Choix et usages des formations professionnelles agricoles dans deux familles d’agriculteurs
Lucie Alarcon ()
Additional contact information Lucie Alarcon: ENS – EHESS, 48 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Abstract:
Partant de l’observation de la hausse du niveau d’études chez les agriculteurs français, qui exercent une profession pourtant indépendante et « familiale », nous nous intéressons dans cet article aux choix d’orientation scolaire, parmi l’offre de formation agricole, dans deux familles d’agriculteurs, associées au sein d’une même société. Dans ces deux familles, tous s’accordent à penser que le baccalauréat est aujourd’hui un diplôme indispensable. Pourtant, les choix d’orientation scolaire font l’objet de négociations entre les membres de la famille, en fonction du sens que chacun accorde, selon sa trajectoire, au titre scolaire, au contenu de la formation et à sa valeur symbolique. La perception de l’apprentissage du métier d’agriculteur varie en fonction de leur rapport au savoir et de leur définition de la profession. De plus, en tant que titre et en tant que formation, le diplôme agricole peut être une ressource mobilisable dans les rapports professionnels entre agriculteurs, leur assignant une certaine position sociale et hiérarchique.
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