Abstract:
Ce travail confronte les résultats d'une comparaison dans le temps et dans l 'espace des modèles productifs dans l'automobile par le réseau international du GERPISA avec les théories proposées par les sciences sociales. Il ressort que la plupart des problématiques adoptent une approche partielle. Soit elles privilégient la pertinence par rapport à l'environnement (théorie de la contingence, de la dépendance par rapport au chemin) soit elles insistent sur la cohérence interne des dispositifs de gestion (théorie de la rationalisation, l'organisation scientifique du travail, de la production frugale). Ou encore s'opposent les analyses en terme de traitement de l'information et celles qui insistent sur le gouvernement de l'entreprise. Une définition intégrant l'ensemble de ces facteurs permet de renouveler la compréhension des évolutions historiques. Les modèles d'organisation sont plus complémentaires que concurrents, même si diffèrent leurs capacités de réaction à un environnement changeant et un type d'incertitude portant soit sur le travail soit sur le produit. La production de masse différenciée, loin d'être dépassée par la production frugale montre un surprenant chassé-croisé entre les Etats-Unis des années 60 et l'Europe des années 90. La complémentarité des dispositifs institutionnels explique la difficulté du passage d'un odèle productif à l'autre. Enfin se trouve démentie l'hypothèse d'un déterminisme technologique strict: le monde façonne tout autant la machine que l'inverse.