Abstract:
L'article analyse l'évolution macroéconomique des années quatre-vingt-dix à la lumière des avancées récentes de la théorie de la régulation. Elles concernent d'abord la prise en compte des interdépendances entre sphères politique et économique, les notions de complémentarité et hiérarchie institutionnelle, l'endogénéité du passage de la croissance à la crise et la place de l'Etat-Nation face à une plus grande interdépendance internationale. Ainsi, la "globalisation" porte surtout sur la finance et constitue plus l'expression d'un projet politique que d'un déterminisme économique. L'extension des ajustements de marché est loin d'avoir conduit au redressement de l'efficacité dynamique. La viabilité des diverses formes de capitalisme dépend beaucoup de la configuration internationale et des stratégies politiques des divers gouvernements. Enfin, la viabilité d'un régime de croissance financiarisé ou encore patrimonial s'avère problématique tant d'un point de vue théorique qu'empirique.