Abstract:
En matière de développement, depuis vingt ans, les oppositions radicales ont cédé la place à de notables convergences: tant le marché que l'Etat rencontrent des limites, il convient donc de combiner plus que d'opposer leur logique. A l'Etat les décisions stratégiques, au marché le rôle d'allocation au jour le jour des biens qui n'engagent aucun choix social. L'expérience confirme que "le tout Etat" conduit à l'échec, que "le tout marché" rencontre des limites évidentes en matière de travail (chômage et inégalités), de finance (rôle potentiellement déstabilisateur de la spéculation) ou les conditions restrictives sous lesquelles un équilibre de marché est un optimum, l'analyse du progrès technique endogène réhabilite l'importance des interventions publiques pour le développement (éducation, innovation) et la nouvelle économie politique montre que l'Etat n'est jamais purement instrumental par rapport au développement. Aussi l'alternance de stratégies interventionnistes puis libérales n'est pas une fatalité. La crise des pays asiatiques ouverte en 1997 laisse espérer une synthèse originale pour le XXIe siècle: la recherche de complémentarités entre l'Etat et le marché, au sein d'arrangements institutionnels riches d'autres formes de coordination, comme base du développement.
JEL-codes:E11E24J31J41J50 (search for similar items in EconPapers) New Economics Papers: this item is included in nep-cdm and nep-pub Date: 1999