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L’été meurtrier: Perspectives 2002-2003 pour l’économie mondiale

Xavier Timbeau (), Eric Heyer (), Hélène Baudchon, Odile Chagny, Valérie Chauvin (), Gaël Dupont, Amel Falah, Thierry Latreille, Sabine Le Bayon, Matthieu Lemoine (), Catherine Mathieu (), Hervé Péléraux, Florian Pelgrin, Mathieu Plane, Christine Rifflart, Paola Veroni and Françoise Charpin
Additional contact information
Hélène Baudchon: BNP Paribas
Odile Chagny: Observatoire français des conjonctures économiques
Thierry Latreille: Agence Française de Développement
Sabine Le Bayon: Observatoire français des conjonctures économiques
Hervé Péléraux: Observatoire français des conjonctures économiques
Florian Pelgrin: Faculté des Hautes Etudes Commerciales (HEC Lausanne)
Christine Rifflart: Observatoire français des conjonctures économiques
Paola Veroni: Observatoire français des conjonctures économiques
Françoise Charpin: Observatoire français des conjonctures économiques

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Abstract: Après l’euphorie de l’année 2000 et l’exubérance de la bulle technologique, la croissance de l’économie mondiale a nettement ralenti en 2001, entraînée par une correction de l’investissement, après trop d’investissements insuffisamment rentables et l’accumulation de surcapacités. Bien que la correction de la bulle et des surcapacités semble aujourd’hui presque achevée, les indices boursiers continuent de s’effondrer en raison de l’incertitude et de la défiance généralisées. Cette chute, l’aversion au risque qui en résulte et la dégradation des notations des entreprises pèsent sur le financement de l’investissement. Dans ce contexte morose, le policy mix contra-cyclique américain n’a pas eu les effets escomptés sur l’investissement, mais il a soutenu la consommation des ménages. En revanche, dans la zone euro, les agents n’ont pu compter sur un policy mix aussi favorable. La reprise observée au premier semestre 2002 dans les grands pays industrialisés a manqué de vigueur. 2003 serait une année de croissance molle (1,8 % dans la zone euro et 2 % aux États-Unis), en deçà de la croissance potentielle. La défiance envers les entreprises, la difficulté de la politique monétaire américaine à relancer l’investissement et le manque de réactivité de la politique économique en Europe inhiberaient des anticipations de croissance plus fortes. Il n’y aurait par conséquent pas de motif pour les entreprises à investir vigoureusement. Le retournement de l’activité au deuxième trimestre 2001 a amené un ajustement de l’emploi qui, compte tenu de délais différents dans les pays, s’est généralisé au début 2002. Dans un contexte où les salaires individuels sont restés maîtrisés, la masse salariale distribuée a ralenti au cours de 2001. La consommation a cependant soutenu la croissance aux États-Unis au premier semestre 2002, portée par le policy mix. En Europe, l’essentiel de la croissance au premier semestre 2002 a été imputable à un ralentissement ou à un arrêt du déstockage. Le policy mix n’a pas été un soutien de l’activité. Par ailleurs, aux États-Unis comme en Europe, on a assisté à une baisse de l’investissement depuis 2001, due à des difficultés de financement des entreprises. Celles-ci s’expliquent par plusieurs facteurs. Premièrement, le recul du prix des actifs a augmenté l’aversion pour le risque des investisseurs et des épargnants, qui ont accru la part des actifs liquides dans leur portefeuille au détriment des placements en actions. Deuxièmement, les banques ont été contaminées par cette aversion au risque et, face à l’augmentation du risque de défaut des entreprises, elles ont été plus réticentes à prêter aux entreprises qu’aux ménages. Face à l’effondrement des marchés boursiers, l’immobilier est apparu comme une valeur refuge. Le dynamisme des prix de l’immobilier est une bonne nouvelle dans la tourmente que connaissent aujourd’hui les prix des actifs. Il a limité la baisse de la richesse nette des ménages aux États-Unis et au Royaume-Uni, et empêché celle-ci en Europe, où le patrimoine financier des ménages est encore peu important. En Amérique latine, la croissance souffre particulièrement des craintes face au risque financier depuis la crise argentine, qui se doublent aujourd’hui d’une crainte face au risque politique, notamment au Brésil. Au niveau mondial, seuls la zone asiatique et les pays d’Europe de l’Est ont et tireront jusqu’en 2003 leur épingle du jeu. L’Asie du Sud-Est a bénéficié du rebond du marché des semi-conducteurs et de la croissance chinoise, qui attire massivement les investissements directs étrangers. Le Japon, toujours pris dans une spirale déflationniste, voit ses exportations tirées par le dynamisme de ses partenaires, qui constituent son seul moteur de croissance. Les pays d’Europe de l’Est se distinguent aussi dans l’économie mondiale par leur dynamisme. La perspective de l’intégration dans l’Union européenne des pays d’Europe de l’Est leur permet en effet d’attirer des investissements étrangers dans un contexte de forte contraction de ceux-ci au niveau mondial.

Keywords: Compétitivité; Commerce mondial; Revenus des ménages; Reprise (search for similar items in EconPapers)
Date: 2002-10
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Published in Revue de l'OFCE, 2002, pp.27-115

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