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Santé et bonne scolarité: Les programmes d'alimentation saine au Canada

Rosalie Wyonch and Abby Sullivan
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Rosalie Wyonch: University of Calgary
Abby Sullivan: C.D. Howe Institute

C.D. Howe Institute Commentary, 2019, issue 532

Abstract: À plusieurs endroits au Canada et ailleurs dans le monde, les élèves du primaire et du secondaire ont accès à des aliments nutritifs par le biais de programmes de nutrition en milieu scolaire. Financés par les gouvernements, les entreprises, les fondations et le public, ces programmes sont conçus pour que les enfants d'âge scolaire aient accès à la nutrition dont ils ont besoin pour apprendre. De fait, le Canada est le seul pays du G7 n’ayant pas un tel programme opérant à l’échelle du pays. Ce Commentaire examine les effets potentiels à court et à long terme des programmes de nutrition pour élèves, leurs liens avec la performance et la santé des étudiants, et la désirabilité d’un programme public national universel de nutrition pour élèves, y compris dans les communautés ciblées. Il étudie les effets potentiels à court et à long terme des programmes de nutrition pour les élèves par une évaluation rigoureuse des études disponibles réalisées au Canada et dans d'autres pays développés, et par une analyse des effets d'un programme de nutrition en milieu scolaire à Toronto. Bien que les politiques soutenant les programmes de nutrition des élèves remontent à près d’un siècle dans certains pays, il existe un manque assez surprenant de consensus dans les recherches qui ont été menées sur leurs effets.* Les programmes de nutrition scolaire tentent d’assurer une consommation suffisante d’énergie de qualité par les enfants, de minimiser le nombre d'enfants en situation d'insécurité alimentaire grâce à des repas gratuits ou subventionnés, et d’améliorer la nutrition et la santé en général. La manière dont ils visent tous ces objectifs peut toutefois nuire à la réalisation de chaque objectif individuel. De plus, étant donné les méthodologies et paramètres disparates déployés pour évaluer leur impact, et les structures de programme différentes d'un pays à l'autre, le manque de consensus dans la littérature n’est pas étonnant. Ces défis et le manque de preuves crédibles sur les effets à long terme des programmes de nutrition en général, nous ont amenés à examiner la conception de ces programmes. L'objectif fondamental des programmes de nutrition scolaire est de nourrir les enfants qui ont faim. Il existe des preuves assez solides des avantages de prendre le petit-déjeuner plutôt que de ne pas le faire, mais les indications sur les effets des programmes de petits déjeuners sur les objectifs plus larges de performance et de santé des élèves sont toutefois mitigées et peu concluantes. De plus, le succès de tout programme de nutrition dépend de la logistique et de l'exécution du programme. Ces observations nous amènent à conclure que: • Offrir un petit-déjeuner sain est une mesure efficace pour améliorer les performances scolaires et le fonctionnement cognitif des populations sous-alimentées. Les effets à long terme du petit-déjeuner sur les performances des écoliers ne présentant pas de signes physiques de sous-alimentation sévère sont moins certains. • Cependant, il existe un manque de preuves statistiquement significatives que les programmes de nutrition améliorent la capacité d'apprentissage globale ou l'assiduité scolaire dans les pays à revenu élevé. • La mise en place de programmes de nutrition de haute qualité pour les élèves se heurte à des difficultés persistantes, dont beaucoup résultent d'un accès inconstant aux ressources nécessaires. Il faut résister à la tentation d’élargir un programme pour couvrir plus d’élèves au lieu de l’améliorer pour ceux qui le reçoivent déjà. Mettre à l'échelle un programme de nutrition qui ne respecte pas systématiquement les normes nutritionnelles ou qui souffre de problèmes opérationnels systémiques ne présenterait presque certainement aucun avantage pour les étudiants en général. Au lieu de cela, le programme devrait rester ciblé sur les enfants les plus à risque, qui en bénéficieront le plus, jusqu'à ce qu'il soit évolutif sur le plan fonctionnel. • Pour équilibrer la nécessité d'un accès universel tout en maintenant le programme ciblé, la priorité devrait être donnée aux écoles situées dans les quartiers où le pourcentage de ménages bénéficiant de l'assistance sociale ou à faibles revenus est élevé. Si une école dispose d'un programme de nutrition, celui-ci devrait être accessible à tous les enfants du même groupe de pairs (classes ou années) et non limité aux seuls enfants dans le besoin.

Keywords: Health Policy; Education, Skills and Labour Market (search for similar items in EconPapers)
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Date: 2019
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