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Taxe carbone: quelles politiques macroéconomiques pour favoriser son acceptabilité ?

Francois Langot, Selma Malmberg, Fabien Tripier and Jean-Olivier Hairault

No 202301, Notes de l'Observatoire Macroéconomie from CEPREMAP

Abstract: Dans la perspective de la transition énergétique de la France, cette note évalue l’efficacité des politiques macroéconomiques de court terme visant à favoriser l’acceptabilité sociale d’une taxe carbone. L’évaluation est menée à partir du modèle d’analyse de la conjoncture de l’Observatoire Macro du CEPREMAP (CepreHANK) permettant de réaliser des prévisions de croissance, d’inflation, de dette publique et d’inégalités pour la France. Nous considérons une hausse de la taxe carbone sur la période 2024-2027 similaire à celle qui avait été envisagée en 2018 avant le mouvement des gilets jaunes. La taxe carbone agit sur l’économie comme un choc d’offre négatif qui contracte l’activité économique, augmente le niveau des prix et frappe particulièrement les ménages défavorisés qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à l’énergie. Ces coûts en termes d’activité économique et d’inégalités freinent l’acceptabilité sociale de la taxe carbone. Comment les atténuer pour rendre acceptable cette taxe carbone ? Si la Banque Centrale Européenne est plus accommodante, alors la croissance est préservée, sans porter préjudice à l’objectif de diminution de la consommation énergétique et les recettes fiscales de la taxe carbone permettent de réduire la dette publique. Plus surprenant, cet accompagnement monétaire permet de réduire les inégalités via la baisse du taux d’intérêt réel. Si la hausse transitoire de l’inflation ne déstabilise pas les anticipations, cette croissance « égalitaire » rendrait acceptable la taxe carbone. En l’absence de cette politique monétaire plus accommodante, redistribuer aux ménages modestes les recettes fiscales de la taxe carbone ferait perdre de la croissance et réduirait peu les inégalités. Utiliser les recettes de la taxe carbone pour investir dans la rénovation énergétique préserve mieux la croissance tout en limitant la montée des inégalités. Comme ces deux politiques stimulent la demande, et sont donc inflationnistes, elles amènent la Banque Centrale Européenne à remonter son taux directeur, ce qui freine l’activité et augmente les inégalités via la hausse du taux d’intérêt réel profitable aux revenus du patrimoine. La comparaison de ces politiques montre que le comportement de la banque centrale, via la fixation de son taux directeur, est déterminant pour l’acceptabilité sociale de la taxe carbone.

Keywords: France; taxe carbone; macroéconomie; acceptablitié (search for similar items in EconPapers)
Pages: 8 pages
Date: 2023-02
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