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L’impact du projet de loi de finances 2025 sur la croissance, l’emploi et le déficit public

Francois Langot, Jocelyn Maillard, Selma Malmberg, Fabien Tripier and Jean-Olivier Hairault

No 202404, Notes de l'Observatoire Macroéconomie from CEPREMAP

Abstract: Cette note évalue l’impact du projet de loi de finances 2025 (PLF 2025) sur la croissance, l’emploi et le déficit public. Ce PLF est une composition particulière de mesures de baisses des dépenses publiques et de hausses des recettes fiscales requérant une analyse globale, ainsi qu’une décomposition mesure par mesure. Pour l’année 2025, le PLF prévoit un effort budgétaire de 60 milliards d’euro (Md€). Sur 2025-2027, le cumul des économies budgétaires sera de 122 Md€, certaines mesures étant persistantes. Son premier effet sera de réduire de 1,7 point le ratio dette sur PIB en 2027. Mais, en 2025, le PLF réduira le PIB de 31,98 Md€ et ce ralentissement marqué de l’activité conduira à la perte de 242 000 emplois. Au-delà de l’année 2025, le PLF continuera à peser sur l’activité économique en engendrant une perte de 60,30 Md€ de PIB et la destruction de 422 000 emplois sur 2025-2027, soit la suppression de 3450 emplois par Md€ économisé. Au sein des différentes mesures du PLF 2025, la baisse de la consommation publique est la principale cause des pertes de PIB et d’emplois. Cela s’explique à la fois par le montant élevé de sa réduction (20,7 Md€) et la taille de son effet multiplicateur : en 2025, 1€ économisé baisse le PIB de 0,89€ et se sont 7660 emplois qui seront détruits par Md€ économisé. Après ce très fort impact instantané, 5580 postes par Md€ économisé seront détruits entre 2025-2027. Parmi la hausse des prélèvements, c’est la fiscalité sur l’énergie qui freine le plus la croissance : elle réduit le PIB de 1,2€ pour 1€ de prélèvement supplémentaire en 2025 et détruira 4920 postes par Md€ prélevé. Les hausses des prélèvements sur le travail détruisent aussi un nombre important d’emplois : en 2025 et par Md€ économisé, une hausse des cotisations sociales détruira 4240 emplois et leur re-profilage (hausses des cotisations sociales sur les bas et sur les hauts salaires) en détruira 4430. Entre 2025 et 2027 et par Md€ prélevé, la hausse de la fiscalité sur l’énergie détruirait 3940 postes de travail, alors que celle de la fiscalité sur le travail en détruirait 4630. Notre évaluation montre également que les effets de report entre les assiettes fiscales sont très importants et qu’ils conduisent à surestimer la réduction du déficit primaire. En effet, une hausse des cotisations sociales, par exemple, s’accompagne de pertes sur d’autres recettes fiscales, comme la TVA, du fait des effets négatifs qu’ont les cotisations sociales sur la consommation. Selon notre évaluation, les 57,1 Md€ d’économies budgétaires, prévues dans le PLF 2025 et intégrés dans notre étude, se traduiraient par une baisse effective du déficit primaire de 33,26 Md€, soit moins de 60 % des économies annoncées, l’écart de 23,84 Md€ s’expliquant par ces effets de report entre les assiettes fiscales.

Keywords: Cotisations sociales; Croissance; déficit public; dépense publique; dette publique; Emploi; Fiscalité; multiplicateur; PLF (search for similar items in EconPapers)
Pages: 8 pages
Date: 2023-11
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