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Être Meilleur Apprenti de France: Quels effets sur l’accès à l’emploi ? Les enseignements de deux experiences controlées sur des jeunes d’Ile-de-France

Pascale Petit, Florent Fremigacci (), Loïc Du Parquet and Guillaume Pierne ()
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Guillaume Pierne: Université d’Evry-Val-d’Essonne, EPEE et TEPP-CNRS

No 12-01, Documents de recherche from Centre d'Études des Politiques Économiques (EPEE), Université d'Evry Val d'Essonne

Abstract: Cette étude examine si la mention d’une récompense au concours d’excellence « un des Meilleurs Apprentis de France » (MAF) dans le curriculum vitae d’un jeune diplômé d’un CAP a un effet sur ses chances d’obtenir un entretien d’embauche. Les évaluations sont réalisées sur des données expérimentales construites à l’aide de deux campagnes de testing conduites entre avril et septembre 2011 dans la région Ile de France. La première campagne de testing vise à comparer les chances d’accès à l’emploi de 3 candidats fictifs titulaires d’un CAP. Pour le premier candidat, le CAP est la seule qualification mentionnée dans le CV. Le deuxième candidat, fait, quant à lui, aussi mention d’une médaille d’or au niveau régional du concours MAF. Enfin, le troisième candidat indique être titulaire de deux diplômes : un CAP et le baccalauréat professionnel. Ces trois candidatures fictives, par ailleurs parfaitement similaires, ont été envoyées en réponse aux mêmes 548 offres d’emploi (189 offres de plombier et 359 offres de serveur dans la restauration). La deuxième campagne de testing distingue les candidats selon leur origine et la mention d’une distinction au concours MAF dans leur candidature. 4 candidatures ont ainsi été construites de toutes pièces. Les 4 candidats fictifs sont de nationalité française et sont diplômés d’un CAP ; il s’agit de leur seul diplôme. Deux candidats font mention d’une médaille d’or au niveau régional du concours MAF ; l’un a un prénom et un nom à consonance française, l’autre à consonance maghrébine. Les deux autres candidats se distinguent également par la consonance française ou maghrébine de leur prénom et nom mais ils ne font mention d’aucune distinction au concours MAF. Ces quatre candidatures fictives, par ailleurs parfaitement similaires, ont été envoyées en réponse aux mêmes 301 offres d’emploi dans le secteur du bâtiment (150 offres de maçon, 83 offres d’électricien et 68 offres de plombier). Nous trouvons trois résultats principaux. Tout d’abord, les employeurs valorisent une récompense au concours « un des Meilleurs Apprentis de France », même lorsque celle-ci n’est pas la distinction la plus élevée qui peut être attribuée dans ce concours. En particulier, un candidat qui fait mention d’une médaille d’or au niveau régional du concours MAF a plus de chances d’obtenir un entretien d’embauche qu’un candidat titulaire d’un diplôme supplémentaire de niveau supérieur. La mention d’une distinction au concours MAF révèle donc à l’employeur un surcroît de qualités professionnelles. L’ampleur de la « prime » en termes d’accès à l’emploi dont bénéficie un candidat récompensé au concours dépend toutefois fortement de sa profession. Elle est plus forte pour un plombier que pour un serveur. Ensuite, le supplément de chances d’accéder à l’emploi induit par une récompense au concours MAF bénéficie également aux candidats issus de l’immigration. Ainsi, révéler ses qualités professionnelles par la mention d’une distinction au concours MAF permet à un jeune issu de l’immigration d’avoir autant de chances qu’un jeune d’origine française titulaire du même diplôme mais ne faisant mention d’aucune récompense. Dans ce cas, le jeune issu de l’immigration tend même à avoir un peu plus de chances que son concurrent d’origine française. Ayant une information qu’ils considèrent fiable sur les qualités professionnelles des candidats, les recruteurs sont plus enclins à recruter des jeunes issus de l’immigration. A ce titre, cette étude montre que ce type de concours d’excellence constitue un levier qui permet de réduire la composante « statistique » de la discrimination liée à l’origine. Plus généralement, les signaux d’excellence professionnelle constituent un moyen de réduire la composante statistique de la discrimination à l’embauche, pourvu que les informations sur la qualité du candidat révélées par une récompense soient considérées comme fiables par l’employeur. Pour autant, ce levier n’est pas suffisant pour éliminer la discrimination. On constate en effet la persistance d’une discrimination à l’embauche liée à l’origine significative parmi les candidats distingués au concours MAF. Celle-ci peut en particulier être induite par l’existence de préférences discriminatoires des employeurs, des autres salariés de l’entreprise ou encore de la clientèle. Cette étude montre donc qu’il existe empiriquement deux sources de discrimination qui se cumulent, l’une liée aux préférences discriminatoires, l’autre liée à l’imperfection de l’information lors du processus de recrutement.

Pages: 38 pages
Date: 2012-02
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Citations:

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