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La compréhension de l’entreprise entre description, théorie et norme

Hervé Dumez
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Hervé Dumez: CRG - Centre de recherche en gestion - X - École polytechnique - IP Paris - Institut Polytechnique de Paris - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique

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Abstract: La compréhension de l'entreprise, de ses fonctionnements et de sa place dans la société, se joue autour de trois dimensions analytiques : la description, la théorisation et la norme impliquant un jugement de valeur. La question posée est celle des rapports entre ces trois dimensions : peut-on comprendre l'entreprise sans une bonne description, sans des théories pertinentes, et en l'absence de tout jugement de valeur, et quelles relations unissent les trois ? Les théories de l'entreprise ne manquent pas et elles vont se multipliant. Dans le même temps, la théorie dominante reste étonnamment stable depuis sa première formulation par Jensen et Meckling, qui était elle-même une reformulation de théories antérieures : elle énonce que la firme maximise le revenu de l'actionnaire. En pratique, le risque existe que la firme ne le fasse pas toujours, en raison de coûts d'agence. Au cœur de la théorie est donc la relation d'agence entre les propriétaires de la firme, les actionnaires, et ses dirigeants, la gouvernance de l'entreprise devant faire en sorte que les dirigeants gèrent l'entreprise dans l'intérêt des actionnaires. On notera qu'est d'emblée posé la question du rapport entre la théorie et le jugement de valeur. La théorie de l'agence analyse la relation entre actionnaires et dirigeants (l'être), mais elle présente également une composante intrinsèquement normative (le devoir être) : il faut que les intérêts des actionnaires et ceux des dirigeants soient alignés. La nécessité d'une description de l'entreprise n'est pas aussi bien reconnue que celle de la théorie. La description, en effet, n'a pas bonne presse. La question se pose pourtant de savoir si les théories de l'entreprise reposent sur de bonnes descriptions, et si elles sont capables d'en fournir une. Enfin, une tradition héritée du positivisme et du Cercle de Vienne veut que l'explication scientifique soit exempte de tout jugement de valeur. Elle a été fortement remise en question avec ce qui constitue une des plus profondes évolutions de la philosophie morale selon Putnam : l'idée que l'opposition faits et valeurs n'est pas aussi tranchée qu'on ne le pense généralement et qu'il existe des concepts normatif/descriptif ou enchevêtrés. Pour traiter la question des interrelations entre description, théorie et jugement de valeur autour de la question de l'entreprise, le chapitre part de la description de l'entreprise donnée par Galbraith, étudie la critique menée par Solow, passe par la théorie de l'agence, puis par les théories de Colin Mayer, Blanche Segrestin et Armand Hatchuel, et revient aux analyses récentes de Jensen.

Keywords: Entreprise; Facteur de risques; gouvernance; construction scientifique (search for similar items in EconPapers)
Date: 2014-11
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Citations:

Published in Blanche Segrestin; Baudoin Roger; Stéphane Vernac. L'entreprise. Point aveugle du savoir, Sciences Humaines, pp.137-152, 2014, 9782361062217

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