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Le désir de transmettre, motivation principale pour l’enregistrement à perte des musiques anciennes ?

Benoît Haug ()
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Benoît Haug: CESR - Centre d'études supérieures de la Renaissance UMR 7323 - MCC - Ministère de la Culture et de la Communication - UT - Université de Tours - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique

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Abstract: Très peu de disques de musique ancienne génèrent des bénéfices significatifs trouvant des répercussions dans la rémunération des musiciens, à fortiori lorsque les maigres recettes doivent être réparties entre un nombre important de participants. Au fil de discussions avec des musiciens ou administrateurs de plusieurs ensembles, il est apparu que l'horizon économique le plus fréquemment escompté était avant tout autre celui d'une opération la moins déficitaire possible. Dans cette perspective, les subventions jouent un rôle économique capital, et il ne reste plus que les maisons de disques pour plaider légitimement un solde positif sur le long terme. Ainsi, hors situations plutôt exceptionnelles, les ensembles enregistrent des disques pour des raisons autres qu'économiques. Plus précisément, les retombées économiques sont attendues non pas au stade de la vente de disques mais dans le cadre bien plus impalpable d'une stratégie générale. En mettant des disques sur le marché, nous a-t-on dit, le calcul économique consisterait principalement à marquer régulièrement de sa présence le paysage de la musique ancienne ; à ouvrir des opportunités de communiquer autour de la sortie de ces disques (notamment à la radio) ; à accompagner le démarchage constant de programmateurs de salles et festivals. Ainsi, si les concerts fournissent l'essentiel des recettes hors-subventions des ensembles, il demeure néanmoins difficile d'imaginer ces derniers n'exister que par le concert, c'est-à-dire sans propositions discographiques. D'autre part, la niche des auditeurs réguliers ou occasionnels de musiques anciennes est certes peu rentable – à plus forte raison de musiques médiévales ou de la Renaissance –, mais elle existe, et les musiciens spécialisés ont pour obligation morale d'en alimenter les mélomanes.Le concert constitue un moyen fiable de transmettre une proposition musicale, mais le disque demeure le principal outil pour la transmettre au-delà de l'hic et nunc. « Quoi qu'il en soit, on a évidemment envie de laisser une trace de notre pratique pour la postérité, d'enregistrer un témoignage de notre travail », a conclu pour nous l'administrateur d'un ensemble. Nous nous proposons d'explorer cette voie à l'occasion du colloque « Transmission et musique » des Journées de musiques anciennes de Vanves en interrogeant le sens que plusieurs musiciens et administrateurs d'ensembles donnent à la transmission des musiques anciennes par le disque. Au-delà des faibles motifs économiques et de l'intention esthétique évidente, comment conçoit-on cette transmission à destination des amis, des collègues, des fidèles, d'un public inconnu, des programmateurs, du paysage actuel de la musique ancienne, de la postérité ? Notre réponse se fondera sur des entretiens menés auprès d'acteurs d'ensembles français spécialisés dans les répertoires médiévaux et de la Renaissance (principalement Doulce Mémoire, Musica Nova et Diabolus in Musica) ainsi que sur ce que nous avons nous-même observé au cours de l'élaboration d'un enregistrement de l'ensemble Doulce Mémoire.

Keywords: enregistrement; disque; notoriété; transmission; postérité; valeur; investissement (search for similar items in EconPapers)
Date: 2014-11-21
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Citations:

Published in Musiques et transmissions. Colloque des 5e Journées de Musiques Anciennes de Vanves, IReMus; Association Musique Ancienne en Sorbonne, Nov 2014, Vanves, France

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