La musique à l’heure de l’Internet: du patrimoine aux communs ?
Jean-Benoit Zimmermann
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Abstract:
Jean-Benoît Zimmermann s'intéresse à la licence creative commons, devenue le support juridique du commun musical sur l'Internet. L'auteur établit un lien entre les innovations techniques (l'apparition puis la miniaturisation des technologies de l'enregistrement) et les réponses institutionnelles autour de l'appropriation, ou au contraire de la diffusion libre des œuvres musicales. L'industrialisation des systèmes d'enregistrement a vu naître le modèle du star system qui a assimilé la valeur sociale et la valeur marchande de l'œuvre. Mais la réduction du coût du matériel d'enregistrement et de diffusion a fait basculer ce modèle vers celui de l'économie de l'attention, où l'artiste – de plus en plus autoproduisant –, cherche à se placer sur une niche musicale face à des consommateurs exigeants. La licence creative commons se présente comme une innovation juridique dressée contre le copyright, qui permet à l'artiste de décider – au sein de ce nouveau contexte technico-économique — de la manière dont il souhaite « partager » sa création. Il ne s'agit pas d'un renoncement à ses droits, mais d'une autre façon de reconnaître la valeur du créateur musical. La propriété est plus diffuse et la richesse créée ne l'est plus directement de l'œuvre mais du capital réputationnel qu'en tire son auteur. Tout comme pour les logiciels libres, cette nouvelle forme de propriété interroge la capacité des créateurs d'œuvres musicales à construire un modèle économique fiable contre celui du copyright. Zimmermann effleure le problème, notamment avec l'initiative de la plateforme Jamendo. Il s'agit d'une plateforme de musique libre en ligne qui permet à de jeunes artistes de se faire connaître, mais sans doute pas de vivre de leur créativité. Pourtant, comme le conclut Zimmermann, sans une capacité des artistes à viabiliser le nouveau modèle économique généré par le creative commons, les majors du star system pourraient le réquisitionner dans le but de « tester » de nouveaux artistes dont les œuvres suivantes seraient réintégrées dans le modèle du copyright, permettant aux majors de l'industrie musicale de s'approprier de meilleures rentes avec l'appui involontaire du creative commons.
Keywords: Economie; quantitative (search for similar items in EconPapers)
Date: 2015-05
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Citations:
Published in Coriat, B. Le retour des communs : La crise de l’idéologie propriétaire, Les Liens qui Libèrent, 2015, 979-10-209-0272-6
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