Le New Public Management ou la gestion malade de la société
Gérald Naro ()
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Gérald Naro: MRM - Montpellier Research in Management - UPVM - Université Paul-Valéry - Montpellier 3 - UPVD - Université de Perpignan Via Domitia - Groupe Sup de Co Montpellier (GSCM) - Montpellier Business School - UM - Université de Montpellier
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Abstract:
En 2005 Vincent de Gaulejac publiait « La société malade de la gestion ». Le sous-titre, « Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social », était très explicite sur la thèse défendue dans l'ouvrage : l'idéologie gestionnaire, qui colonise toutes les sphères de la société, installe une culture de la performance et un climat de compétition qui mettent le monde sous pression. Un tel harcèlement se traduit notamment par l'épuisement professionnel, le stress et la souffrance au travail. Dès sa parution, cet opus d'un sociologue qui, dès les années 1990, nous alertait sur le « coût de l'excellence » (Aubert et Gaulejac, 1991), suscita de nombreuses controverses et de vives critiques au sein des milieux académiques gestionnaires. Il ne s'agit pas ici de reprendre à notre compte ces critiques ; spécialiste en sciences de gestion, et en contrôle de gestion tout particulièrement, nous savons bien qu'une pratique gestionnaire sans conscience peut conduire à de nombreux excès sur le plan humain et social : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » écrivait au 16 e siècle un ancien élève de l'École de Médecine de Montpellier. Appliquée aux sciences de gestion, la célèbre maxime de François Rabelais pourrait s'énoncer ainsi : « efficience sans conscience, n'est que perte de sens ». Dit autrement, sans conscience éthique, la puissance de la doxa managériale et de la violence symbolique dont elle est porteuse, peuvent entraîner des gestionnaires à sombrer corps et âme dans le « côté obscur de la force » du management. La société serait dès lors malade de la gestion. Mais si l'on renverse la sentence, le problème ne doit-il pas plutôt être recherché dans une société qui se rend malade en se consumant au feu incandescent d'une quête éperdue de performance et la gestion ne serait-elle pas atteinte par le virus d'une société dont elle est à la fois le reflet et le médium ?
Date: 2015
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Citations:
Published in Dérives et perspectives de la gestion. Echanges autour des travaux de Julienne Brabet, Septentrion, Presses Universitaires, pp.169-176, 2015, 9782757411377
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