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Le digital labor: humain, trop humain

Frédérique Pallez
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Frédérique Pallez: CGS i3 - Centre de Gestion Scientifique i3 - Mines Paris - PSL (École nationale supérieure des mines de Paris) - PSL - Université Paris Sciences et Lettres - I3 - Institut interdisciplinaire de l’innovation - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique

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Abstract: Frédérique PALLEZ Le digital labor : humain, trop humain À propos de l'essai d'Antonio CASILLI, En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic, Le Seuil, coll. « La couleur des idées », 2019 A paraître dans Gérer & Comprendre, 2019/4 L'intelligence artificielle est-elle l'avenir de l'humanité ? En tout cas, l'engouement qu'elle suscite masque une réalité qu'Antonio Casilli nous dévoile dans une enquête détaillée et passionnante : derrière le mythe d'activités entièrement automatisées et la peur de la « disparition du travail » se cachent en fait de nouvelles formes de travail, bien humain celui-ci, le digital labor, qui métamorphose le geste productif humain en une multitude de micro-opérations, sous-payées ou même non payées, nécessaires au traitement des données qui alimentent la nouvelle économie informationnelle que nous connaissons. Cette transformation du travail est inséparable du développement des plateformes. 2L'ouvrage est organisé en trois parties. La première (Quelle automation ?) analyse le lien entre le programme de l'intelligence artificielle et le paradigme des plateformes ; la deuxième décortique les formes que prend le digital labor à partir d'exemples ; la troisième cherche à penser théoriquement les phénomènes de surexploitation des individus et d'asymétrie économique mis au jour, pour fournir quelques pistes permettant de les dépasser. 3Dans la première partie, l'auteur réexamine le débat sur la possible disparition du travail humain, en nous montrant que c'est surtout sur un plan qualitatif plus que quantitatif que l'automation fait sentir ses effets : elle aboutit à une standardisation et une externalisation des tâches, par ailleurs de plus en plus fragmentées. Des milliards de petites mains, selon l'auteur, bien loin des experts informaticiens que l'on imagine, interviennent quotidiennement, parfois à leur insu (comme vous et moi), pour assister, maintenir, contrôler, entraîner des machines qui ne peuvent fonctionner sans elles. Et les plateformes, formes hybrides entre entreprise et marché, captent ainsi la valeur produite par les mécanismes de coordination multiface qu'elles organisent entre les divers types d'utilisateurs. Ceux-ci contribuent à cette création de valeur sous trois formes : le travail à la demande, le micro-travail, et le travail social en réseau. 4Ces trois formes sont analysées successivement dans la deuxième partie, qui en démonte les mécanismes, exemples connus de tous à l'appui. La plateforme Uber, qui illustre le premier type, le travail à la demande, met ainsi au travail non seulement les chauffeurs (qui font beaucoup plus que conduire leur véhicule) mais aussi les usagers, qui, chacun de leur côté, se livrent à un intense travail de qualification (notation des chauffeurs, renseignement de profils…), de production de données monétisables (temps de trajet, par exemple) qui seront réutilisés par la plateforme. 5Le micro travail correspond, lui, à des activités paradoxalement simples, comme l'annotation de vidéos, le tri d'adresses, le contrôle de documents…, que les machines ne peuvent effectuer efficacement elles-mêmes. La plateforme de micro-travail d'Amazon, Mechanical Turk, en est une illustration frappante : elle met en relation une entreprise « requérante », cherchant par exemple à trier des milliers de pages d'archives manuscrites, et

Date: 2019
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Published in Gérer et Comprendre. Annales des Mines, 2019, N°138 (4), pp.61-62. ⟨10.3917/geco1.138.0061⟩

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DOI: 10.3917/geco1.138.0061

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