Les économistes libéraux français du 19ème siècle et l'éducation des femmes: vertu vaut mieux que richesse
Nathalie Sigot ()
Additional contact information
Nathalie Sigot: PHARE - Philosophie, Histoire et Analyse des Représentations Économiques - UP1 - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Post-Print from HAL
Abstract:
Au 19ème siècle en France, les économistes libéraux dominent le champ de l'économie. S'inscrivant dans la continuité des physiocrates et de Jean-Baptiste Say, ils se sont organisés peu à peu pour diffuser ce qu'ils considèrent être les « saines doctrines » ou les « vérités économiques », c'est-à-dire la conviction que la liberté économique est seule à même d'améliorer le bien-être de tous et, en particulier, des plus pauvres. La création d'une « Société d'économie politique », bientôt chargée de publier le "Journal des économistes", la publication d'un "Dictionnaire d'économie politique" et la création de la maison d'édition Guillaumin, vont leur permettre de défendre cette conviction après d'un public éduqué et plutôt réticent ; parallèlement, l'engagement de nombre d'entre-eux en politique, leur fournit une tribune et des moyens d'action qu'ils utilisent en vue de convertir le monde politique, tout aussi réticent, au libéralisme économique. Mais il s'agit aussi de convertir les ouvriers, que l'ignorance fait, selon eux, basculer vers le socialisme. L'enseignement, et en particulier celui de l'économie, représente dans ce contexte un enjeu considérable et explique pourquoi ils se battent, tout au long du siècle, pour la création de chaires d'économie politique et multiplient les cours à destination des ouvriers et des ouvrières. Leur forte inquiétude face à la diffusion du socialisme parmi la classe ouvrière les conduisent à insister sur le rôle que doit jouer l'éducation dans la préservation de l'ordre social. De là, découlent deux convictions. La première est que la nature de l'éducation offerte aux femmes doit être différente de celle donnée aux hommes parce que l'ordre social, tel qu'ils le conçoivent, est patriarcal. De ce fait, l'éducation des femmes a pour premier rôle de préserver la cellule familiale. La seconde conviction est que l'éducation des femmes doit permettre de responsabiliser les individus qui forment cette même cellule familiale.
Keywords: société d'économie politique; éducation; Libéraux français du XIXe siècle; Famille; Rôle des femmes (search for similar items in EconPapers)
Date: 2023-06-08
References: Add references at CitEc
Citations:
Published in Education et formation de l’individu libéral, Eleonora Buono; Pierre Crétois; Vanessa Michel; Matthieu Montalban; Emmanuel Petit, Jun 2023, Bordeaux, France
There are no downloads for this item, see the EconPapers FAQ for hints about obtaining it.
Related works:
This item may be available elsewhere in EconPapers: Search for items with the same title.
Export reference: BibTeX
RIS (EndNote, ProCite, RefMan)
HTML/Text
Persistent link: https://EconPapers.repec.org/RePEc:hal:journl:hal-04258689
Access Statistics for this paper
More papers in Post-Print from HAL
Bibliographic data for series maintained by CCSD ().