L’impossibilité d’une île ou la logistique mémorielle confrontée à la réalité de la restitution d’œuvres d’arts pillées au XIXe siècle
Marc Bidan (),
Gilles Paché () and
Aaron Tchando ()
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Marc Bidan: Nantes Univ - EPUN - Nantes Université - Ecole Polytechnique de l'Université de Nantes - Nantes Université - pôle Sciences et technologie - Nantes Univ - Nantes Université, LEMNA - Laboratoire d'économie et de management de Nantes Atlantique - Nantes Univ - IAE Nantes - Nantes Université - Institut d'Administration des Entreprises - Nantes - Nantes Université - pôle Sociétés - Nantes Univ - Nantes Université
Gilles Paché: CERGAM - Centre d'Études et de Recherche en Gestion d'Aix-Marseille - AMU - Aix Marseille Université - UTLN - Université de Toulon
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Abstract:
Les conquêtes coloniales européennes du XIXᵉ siècle ont entraîné le pillage massif de nombreuses œuvres africaines, en particulier par la France, afin d'alimenter musées nationaux et collections privées. Depuis plusieurs années, la question de la restitution de ces biens culturels s'impose avec une acuité croissante dans les débats politiques, scientifiques et muséaux. Si certaines restitutions deviennent aujourd'hui effectives, malgré de fortes résistances idéologiques et institutionnelles, elles révèlent surtout un ensemble de difficultés logistiques, juridiques et symboliques encore largement sous-théorisées. Le cas de la restitution des trésors royaux d'Abomey du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac vers le Bénin constitue à cet égard un exemple emblématique. L'opération a nécessité l'adoption d'une loi spécifique ainsi que la mise en place d'une organisation complexe, articulant dimensions diplomatiques, juridiques, culturelles et techniques. Au-delà du transfert matériel des œuvres, l'opération met en évidence ce que l'on pourrait qualifier d'« impossibilité d'une île », autrement dit l'impossibilité pour les trésors royaux d'Abomey, arrachés à leur contexte d'origine par l'histoire, de retrouver pleinement une unité spatiale et mémorielle. Devenus des entités déplacées et fragmentées, ces objets demeurent marqués par une tension irréductible entre passé et présent, dépossession et réparation. La restitution apparaît ainsi moins comme un simple retour que comme la mise en œuvre délicate d'une « logistique mémorielle », en bref la gestion nécessairement complexe du transfert d'objets chargés d'histoire, de mémoire et de spiritualité, entre États liés par d'anciennes relations coloniales.
Keywords: OEuvres d'art; Afrique Colonialisme Logistique mémorielle OEuvres d'art Transport; Transport; Œuvres d’art; Logistique mémorielle; Colonialisme; Afrique (search for similar items in EconPapers)
Date: 2026-04-01
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Citations:
Published in Congrès national de la recherche des IUT 2026, Apr 2026, Lorient, France
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