La nature paradoxale du processus métabolique de production
François-Xavier Noire
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François-Xavier Noire: CLERSÉ - Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques - UMR 8019 - Université de Lille - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique
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Abstract:
Wherever there is movement, wherever there is life, wherever anything is carried into effect in the actual world, there Dialectic is at work. » En citant la Logique (additif au paragraphe 80) de Hegel, p. 63 de The Entropy Law and the Economic Process, Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) cherche à montrer que refonder la théorie de la production dans la vie n'est pas sans conséquences. Dans cette communication, je propose de revenir sur la philosophie processuelle qui est la sienne et sur la nature paradoxale du processus de production conçu comme un métabolisme. Je reviens d'abord sur l'ontologie processuelle que Georgescu-Roegen oppose aux théories de la production en vigueur en économie. Celles-ci, influencées en profondeur par le mécanisme et son postulat de réversibilité des processus, ne peuvent appréhender le temps, qui « mord sur les choses et qui y laisse l'empreinte de sa dent » (Bergson, L'Évolution créatrice, p. 46 À l'analyse quantitative de trajectoires s'oppose ainsi une détermination qualitative de la frontière « dialectique » des processus. Si les Autrichiens, et en premier lieu Schumpeter (dont il fut l'élève et le disciple à Harvard de 1934 à 1936), ont mis en avant la nature temporelle et créatrice de l'économie, Georgescu-Roegen veut aller plus loin en insérant la production dans le temps biologique et le temps biologique dans le temps thermodynamique. Ainsi, la production est non seulement temporelle, processuelle, mais encore matérielle, métabolique : tout processus de production est assimilé à un système ouvert créateur d'« instruments exosomatiques » usant de « basse entropie » et rejetant de la « haute entropie ». Dans un dernier temps, je reviens sur un paradoxe central de la bioéconomie : l'imposition d'une limite absolue à l'action vitale créatrice. Je montre que l'équivocité théorique de l'économie écologique n'est pas uniquement le reflet d'un conflit de paradigmes homogènes (Clive Spash, « New foundations for Ecological economics », Ecological economics 77, 2012), puisqu'elle est présente au niveau le plus général à l'intérieur même de la théorie du processus métabolique de production de Georgescu-Roegen. En effet, le paradoxe de la limite résulte d'une hésitation quant au statut de la nouveauté, tranchée dans le sens de la limite et d'une conception essentiellement réactive de la vie.
Keywords: Georgescu-Roegen; Philosophie du processus; Epistémologie; Economie écologique; Durée bergsonienne; Métabolisme socio-écologique (search for similar items in EconPapers)
Date: 2026-05-21
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Citations:
Published in Paradoxes and contradictions. 8th International Conference in Philosophy and Economics., May 2026, Nancy, France
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