Dans un contexte institutionnel austéritaire et réactionnaire, l’ESS est-elle astreinte à se transformer ou à disparaitre ?
Laurent Fraisse (),
Laurent Gardin () and
Patrick Gianfaldoni ()
Additional contact information
Laurent Fraisse: LISE - Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique - Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam] - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique
Laurent Gardin: LARSH - Laboratoire de Recherche Sociétés & Humanités - UPHF - Université Polytechnique Hauts-de-France - INSA Hauts-De-France - INSA Institut National des Sciences Appliquées Hauts-de-France - INSA - Institut National des Sciences Appliquées, UPHF - Université Polytechnique Hauts-de-France
Patrick Gianfaldoni: •JPEG - Laboratoire des sciences Juridiques, Politique, Economiques et de Gestion - AU - Avignon Université, AU - Avignon Université
Post-Print from HAL
Abstract:
Depuis une trentaine d'années, l'économie sociale et solidaire est exposée à un agenda néolibéral, caractérisé par un triple mouvement d'« économicisation », de « managerialisation » et de marchandisation. Ce néolibéralisme n'a pas toujours rimé avec austérité budgétaire, mais plutôt avec un tournant managérial dans les conditions et des règles de la redistribution publique. Cette communication n'a pas pour objectif de revenir sur les effets du tournant entrepreneurial de l'ESS mais propose une analyse exploratoire des tendances et premiers effets des doubles agendas austéritaire et réactionnaire sur l'identité et le périmètre de l'ESS. Par « agenda austéritaire », nous entendons les coupes budgétaires sans précédent. Ce rationnement imposé se double d'une rationalisation pilotée dans la gestion des ressources budgétaires et humaines. Par « agenda réactionnaire », nous entendons une conception restrictive de la démocratie, réduite à l'élection comme unique source de légitimité et considérant les associations au mieux comme des relais des tutelles publiques, au pire comme des entraves à la souveraineté populaire. Dans un premier temps, cette communication vise à mieux qualifier trois déterminants macro-institutionnels qui impactent l'ESS : 1) le maintien d'un agenda néo-libéral dans les politiques sociales ; 2) l'impact budgétaire des politiques d'austérité ; 3) les menaces explicites pesant sur certaines associations en cas d'arrivée au pouvoir d'une droite réactionnaire. Dans un second temps, nous explorerons les possibilités de transformation de l'ESS mais aussi les risques de désagrégation et de conversion aux logiques marchandes. L'analyse suit trois directions. 1) Quels rapports les entités de l'ESS peuvent-elles tisser avec les collectivités territoriales, elles-mêmes en proie à la baisse des dotations de l'État ? Ces dernières vont-elles toutes se recentrer sur leurs compétences légales déléguées délaissant les domaines de l'action publique coconstruite et/ou sont-elles conduites à déborder leurs missions-activités cœur de métier ? 2) Quels sont processus de concentration à l'œuvre motivée par la recherche d'économies d'échelle mais aussi par la recherche d'une assise patrimoniale ? La course à la taille motivée va-t-elle engendrer et généraliser non seulement la constitution de groupes d'entreprises sociales nationaux ou territorialisés mais aussi des formes entrepreneuriales structurées de polarisation territoriale ? 3) Dans une tout autre perspective, les voies de l'autogestion et du délibéralisme sont-elles envisageables pour construire des trajectoires alternatives et des postures contestataires ? Le sens du bénévolat est alors à interroger. Les associations vont-elles poursuivre leur mobilisation pour répondre à des baisses d'effectifs salariés, les pouvoirs publics tendant à « valoriser » une auto-responsabilisation de la société civile ? Suivant une approche sociopolitique, la mobilisation du bénévolat peut-elle s'interpréter comme l'expression d'aspirations émancipatrices, entre retours aux sources historiques de l'ESS et impulsions transformatrices émanant de mouvements sociaux ? Nous proposons un premier volet d'analyse macro permettant de mettre en exergue la traduction budgétaire effective des dépenses de l'État au regard des estimations et des alertes de réduction formulées, lors de la préparation du PLF 2026, par les têtes de réseau telles qu'ESS France ou LMA. Suivant une autre démarche méthodologique, nous nous appuyons sur une diversité d'études et de recherches portant sur les évolutions de l'action publique, sur les secteurs d'activité et professionnels socio-éducatifs et socioculturels, de la petite enfance, de l'insertion, ainsi que sur les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), les tiers-lieux ou encore l'expérimentation Territoire zéro chômeurs de longue durée (TZCLD).
Keywords: Economie sociale et solidaire; Politiques publiques; Austérité; Réactionnaire; Néo-libéralisme; Dépolitisation; Bénévolat (search for similar items in EconPapers)
Date: 2026-05-20
Note: View the original document on HAL open archive server: https://hal.science/hal-05632275v1
References: Add references at CitEc
Citations:
Published in XXVème rencontres du RIUESS - Imaginer demain - L’économie sociale et solidaire actrice des futurs possibles et désirables ?, Université de Bretagne Occidentale, May 2026, Brest (France), France
Downloads: (external link)
https://hal.science/hal-05632275v1/document (application/pdf)
Related works:
This item may be available elsewhere in EconPapers: Search for items with the same title.
Export reference: BibTeX
RIS (EndNote, ProCite, RefMan)
HTML/Text
Persistent link: https://EconPapers.repec.org/RePEc:hal:journl:hal-05632275
Access Statistics for this paper
More papers in Post-Print from HAL
Bibliographic data for series maintained by CCSD ().