Faire du travail une valeur comptable: le modèle ISAS
Valérie Charolles ()
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Valérie Charolles: LACI - Laboratoire d'anthropologie critique interdisciplinaire - EHESS - École des hautes études en sciences sociales - LAP - Laboratoire d’anthropologie politique – Approches interdisciplinaires et critiques des mondes contemporains, UMR 8177 - EHESS - École des hautes études en sciences sociales - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique, LAP - Laboratoire d’anthropologie politique – Approches interdisciplinaires et critiques des mondes contemporains, UMR 8177 - EHESS - École des hautes études en sciences sociales - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique
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Abstract:
Le fonctionnement de l'entreprise peut se modéliser au travers d'un triangle dont les trois sommets correspondent respectivement à la finalité de l'entreprise, à son mode de gouvernance ou de détermination, et à la comptabilité. Cette dernière constitue le langage de l'entreprise au quotidien, langage dont les normes (IAS, US GAAP ou Plan comptable général) fixent les règles du jeu. L'objet de ce chapitre est de s'interroger sur la manière dont le sommet comptabilité de ce triangle devrait évoluer en parallèle au passage vers une codétermination pour assurer, avec également des finalités élargies, une nouvelle cohérence dans le fonctionnement de l'entreprise. A cet effet, il montre que ce n'est pas pour des raisons techniques (impossibilité à faire entrer le contrat de travail et les dépenses liées aux salariés dans les actifs) que le travail apparaît aujourd'hui uniquement comme une charge ou une dette dans les entreprises. C'est pour des motifs liés à l'angle de vue retenu, qui n'est pas cohérent avec le corpus libéral classique, et qui apparaît aujourd'hui idéologique et biaisé, comme de très nombreux auteurs le reconnaissent. Une fois cette idéologie mise à jour, les voies d'une reconnaissance de ce qu'apportent comptablement les salariés à leur entreprise ne sont pas particulièrement difficiles à trouver. Modifiant le langage financier de l'entreprise, cette reconnaissance se traduirait par des changements concrets dans le traitement réservé au travail au sein de l'entreprise, non plus uniquement charge et dette, mais aussi valeur. Des propositions sont ainsi faites pour comptabiliser un « actif salarial » et des « fonds propres salariaux », en des termes qui visent à renverser la charge de la preuve par rapport au corpus comptable actuel et au traitement qu'il réserve au travail. Ces propositions font l'objet d'une expérimentation dont des résultats stylisés sont présentés.
Date: 2025-08
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Citations:
Published in Traité de codétermination, Presses Universitaires de Laval, p.377-400, 2025
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