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Réorganisation de la production et réduction de la durée du travail: une perspective macroéconomique

Antoine d'Autume ()
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Antoine d'Autume: EUREQUA - Equipe Universitaire de Recherche en Economie Quantitative - UP1 - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique

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Abstract: Cet article présente une évaluation d'ensemble de la politique de Réduction du Temps de Travail en France, centrée sur les changements de l'organisation du travail et du mode de production. C'est en effet là que se joue probablement le succès ou l'échec de la politique suivie. La mise en oeuvre des lois Aubry se traduira-t-elle par un dérapage des coûts de production ou fournira-t-elle au contraire un levier pour une modernisation profonde du mode de production ? Les changements organisationnels dans l'entreprise amènent actuellement à s'orienter vers des modes de production flexibles, à flux tendus, requérant une plus grande polyvalence des travailleurs. La Réduction du Temps de Travail peut accompagner cette évolution puisqu'une plus grande intensité et une plus grande flexibilité du travail tendent à compenser la réduction des horaires. Nous rappelons pourtant que les gains de productivité ainsi dégagés ont des contreparties négatives , aussi bien en ce qui concerne l'organisation interne du travail que du point de vue de la qualité des horaires et du travail offert. Les situations peuvent en outre être très différentes et une augmentation des inégalités entre travailleurs et entre secteurs apparaît comme l'un des facteurs de risque de la politique suivie. Pour analyser les mécanismes en présence, nous empruntons l'approche suivie récemment par Askenazy en introduisant dans le modèle de négociations salariales une variable représentative de l'intensité du travail, et en faisant de cette variable l'un des objets de la négociation. Notre spécification de la fonction d'utilité des travailleurs et la paramétrisation que nous retenons conduisent néanmoins à des résultats moins optimistes que ceux obtenus par Askenazy. Nous constatons en effet que la Réduction du Temps de Travail a bien un coût physique pour la Société puisqu'elle s'accompagne d'une baisse de la production nationale, malgré la hausse de l'emploi qu'elle a permise. Le second résultat est que les salariés voient leur situation s'améliorer en termes d'utilité, mais qu'ils doivent accepter une nette baisse de leurs salaires mensuels en contrepartie de leurs gains de temps libre. Une politique de réduction autoritaire des horaires ne conduit donc pas à des résultats miraculeux et l'on peut entretenir quelques inquiétudes devant les évolutions à venir. Nous terminons notre bilan en présentant une brève revue des premières évaluations économétriques de la Réduction du Temps de travail, qui renforce notre pessimisme. Le pouvoir de création d'emploi de la Réduction du Temps de Travail est vraisemblablement très limité, et il s'accompagne d'un coût élevé pour les finances publiques.

Keywords: productivité; Temps de travail; démoéconomie; politique économique; politique économique et économie européenne; modèles; économétrie; coûts de facteurs; croissance (search for similar items in EconPapers)
Date: 2000
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Citations:

Published in Économie Internationale, 2000, 83 (3ème trimestre), pp.47-62

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