La formation de capital fixe est-elle suffisamment flexible ?
François Legendre and
Fabrice Paretti
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Fabrice Paretti: MAD - Université Paris 1
Cahiers de la Maison des Sciences Economiques from Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1)
Abstract:
L'investissement s'est-il comporté, en France au cours de ces vingt dernières années, comme les théories le suggèrent ? A-t-il été, notamment, suffisammant volatile ? Un modèle simple d'accélérateur aurait conduit à des fluctuations plus marquées ; c'est ce que constatent Epaulard [1992], Glachant et Nivet [1989] et Morin, Norotte et Venet [1987] en soulignant que le modèle d'accélérateur a perdu de son pouvoir explicatif. Il reste que des formulations plus éclectiques (de type accélérateur-profit d'un usage courant en modélisation macro-économétrique) permettent de rendre compte de façon (assez) satisfaisante de l'évoltion de l'investissement depuis les années 1970. Cependant, dans ces formulations de type accélérateur-profit, le rôle du profit reste ambigu. S'agit-il d'une variable retraçant l'intervention d'une contrainte de financement (le profit permettant l'investissement) ou s'agit-il d'une variable à interpréter comme l'anticipation des profits futurs (le profit motivant l'investissement) ? Les formulations de type accélérateur, par l'importance qu'elles accordent à la demande, peuvent être rattachées à une tradition keynésienne. En revanche, il est plus difficile d'identifier la filiation des formulations accordant une place prépondérante au profit. Si ce dernier est analysé comme rendant compte d'une contrainte de financement, il faut sans doute se tourner vers l'un des avatars du courant keynésien parce que cela revient à souligner l'importance des imperfections sur les marchés financiers et la présence d'un rationnement du crédit. Si c'est plutôt la profitabilité (la différence entre le taux de profit et le coût d'usage du capital) qui est mise en avant pour justifier le profit comme argument de la décision d'investissement, il devient alors difficile d'apporter une réponse très nette. En effet, d'un côté, Malinvaud [1987] a développé une modélisation où, via l'incertitude sur les débouchés futurs, la profitabilité joue un rôle prépondérant. D'un autre côté, une perspective néo-classique conduit, elle aussi, à des formulations assez semblables de la décision d'investissement. Cette perspective s'oppose-t-elle alors au corpus standard propre à la théorie néo-classique n'accordant, pour allouer les ressources, un rôle qu'aux seules variables de prix ? L'objet de ce travail est double. Dans une première partie, nous montrons qu'une formulation particulière du processus productif (qui mêle une hypothèse de rendements constants et une hypothèse de coûts d'ajustement), s'inscrivant dans une tradition néo-classique, permet d'obtenir la profitabilité comme argument des décisions d'emploi des facteurs de production. Ce résultat est maintenant assez bien connu et nous nous sommes surtout attachés à présenter le plus clairement possible le modèle et ses implications. Dans une seconde partie, nous cherchons à tester la validité d'une telle modélisation en développant une expérimentation économétrique. Cet exercice appliqué s'appuie sur des données annuelles de branches industrielles françaises. Il nécessite le recours à une méthode d'estimation particulière (la méthode des moments généralisés) car, si d'un côté nous avons retenu une hypothèse d'anticipations rationnelles, d'un autre côté, nous n'avons pas voulu spécifier le mode de formation effectif des anticipations. Cette méthode ne livre en contrepartie que des enseignements limités : nous montrons que notre spécification n'est en général pas rejetée par les données et que les coûts d'ajustement absorberaient entre 0,1 % et 4,2 % de la valeur ajoutée selon les branches.
Pages: 16 pages
Date: 1994-01
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