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Nouvelles pratiques de travail: La fin du clivage salariat-entrepreneuriat ?

François-Xavier de Vaujany (), Amélie Bohas (), Julie Fabbri () and Pierre Laniray ()
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François-Xavier de Vaujany: Management & Organisation - DRM - Dauphine Recherches en Management - Université Paris Dauphine-PSL - PSL - Université Paris Sciences et Lettres - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique
Amélie Bohas: MAGELLAN - Laboratoire de Recherche Magellan - UJML - Université Jean Moulin - Lyon 3 - Université de Lyon - Institut d'Administration des Entreprises (IAE) - Lyon
Julie Fabbri: EM - EMLyon Business School
Pierre Laniray: IAE Poitiers - Institut d'Administration des Entreprises (IAE) - Poitiers - UP - Université de Poitiers = University of Poitiers

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Abstract: Ce rapport propose une synthèse des recherches empiriques menées pendant deux ans par le réseau RGCS (Research Group Collaborative Spaces). RGCS est à la fois un réseau indépendant de chercheurs et un think tank international qui s'intéresse aux nouvelles pratiques de travail dans le contexte de l'économie collaborative. Il explore en particulier les enjeux liés à l'essor des espaces collaboratifs et des communautés collaboratives. La synthèse présentée ici s'appuie sur l'analyse d'un peu plus de 900 pages de mémos des discussions et d'idées-clés issues des séminaires, ateliers et autres évènements conduits par le réseau RGCS entre fin 2014 et novembre 2016; sur les résultats de l'enquête en ligne menée en 2016 sur les transformations du travail et de ses espaces ; et sur les données récoltées à l'occasion des 82 visites de tiers-lieux (espaces de coworking, maker spaces, fab labs, hacker spaces, incubateurs, accélérateurs, digital labs...) réalisées dans une dizaine de pays. Cette synthèse des recherches est structurée autour de trois niveaux d'analyse du lien entre phénomènes collaboratifs et nouvelles pratiques de travail : un niveau individuel, un niveau communautaire et un niveau plus sociétal (mouvement social). Nous nous efforçons à chaque fois d'étudier les dimensions spatiales et temporelles de la relation. Parmi les points évoqués, le rapport souligne que les frontières entre salariat et entrepreneuriat sont loin d'être aussi rigides que ce que les média, les managers ou les politiques supposent souvent ; au contraire, les nouvelles pratiques de travail les rendent de plus en plus poreuses, comme en atteste l'émergence de trajectoires professionnelles reposant sur l'« entrepreneuriat-alterné ». Cette synthèse fait également état d'individus qui, au-delà du stress au travail, souffrent avant tout d'ennui. On s'amuse peu dans le monde des organisations avec leur découpage vertical et horizontal. Depuis une quinzaine d'années, les pratiques de travail se transforment en profondeur autour de l'économie collaborative et des nouvelles formes de collaboration. Nous en explorons ici les implications, tant pour les individus-travailleurs, les collectifs de travail que pour les dynamiques de la société dans son ensemble (nouveaux types de mouvements sociaux). Pour les individus, le collaboratif correspond à la fois à de nouveaux espaces de compétences, des débouchés, un projet de vie et parfois, un sens plus fort donné à leur vie. Sur le plan des communautés, les résultats empiriques montrent l'importance des collectifs communautaires dans les transformations du travail. Dans des économies qui se liquéfient autour de l'entrepreneuriat, du travail indépendant, de la mobilité qui fragmente et enchaîne les contextes de travail, la communauté devient essentielle. Elle est « pratique », « professionnelle », « identitaire », mais plus que tout, « émotionnelle ». Elle permet de gérer les crises de sens, la lutte contre l'ennui, la solitude du porteur de projet et/ou de l'entrepreneur... Enfin, les mouvements sociaux font l'objet d'un troisième volet d'analyse. Les travaux empiriques du réseau montrent l'importance du hacking en matière de management et de politiques publiques. Mais de ce point de vue, les acteurs de mouvement sociaux que nous avons eu l'occasion de rencontrer invitent à dépasser le concept de hack et celui de hackathon (très repris par les entreprises comme par les pouvoirs publics). Les hackers sont aussi un mode de gouvernance et de régulation (loin du chaos) qui peut être intéressant pour les managers comme pour les politiques publiques. Nous évoquons plus généralement les discussions (et entretiens liés aux visites) qui ont porté sur la thématique hackers/makers : « muses ou contre-culture pour le management et les politiques publiques ? »

Keywords: transformations du travail; nouvelles pratiques de travail; entrepreneuriat alterné; entrepreneuriat; retour des communautés; clivage entrepreneuriat-salariat; management; innovation; tiers-lieux; espaces collaboratifs; coworkers; makers; hackers; fab labs; intermédiation; collaboration; formes transitoires. (search for similar items in EconPapers)
Date: 2016-11
New Economics Papers: this item is included in nep-ent
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Published in [Rapport de recherche] 1, Research Group on Collaborative Spaces. 2016

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