EconPapers    
Economics at your fingertips  
 

Prévalence du VIH et pauvreté en Afrique: Evidence micro et macro-économétrique appliquée au Burkina Faso

Jean-Pierre Lachaud

Documents de travail from Groupe d'Economie du Développement de l'Université Montesquieu Bordeaux IV

Abstract: Fondée sur les données des enquêtes démographique et de santé, et des conditions de vie des ménages, effectuées en 2003, la présente étude, examinant les facteurs de la prévalence du VIH au Burkina Faso, conduit à deux conclusions. Premièrement, la lutte contre la pauvreté n’est pas nécessairement un moyen de réduire en même temps de manière drastique la prévalence du VIH/SIDA, une assertion basée sur plusieurs éléments d’analyse empirique. Tout d’abord, la courbe de concentration, appréhendant l’inégalité « socio-économique » de la seroprévalence, est « pro-pauvres ». Ensuite, les estimations micro-économétriques des modèles probit suggèrent une relation positive entre la prévalence du VIH des femmes et des hommes adultes, et le niveau de vie des individus. En même temps, les modèles probit mettent en évidence une probabilité de prévalence du VIH croissante avec : (i) l’âge, et ; (ii) la localisation à Ouagadougou, la capitale, et dans la quasi-totalité des régions de l’ouest et du sud-ouest du pays, par rapport aux autres zones. Par contre, l’utilisation des condoms lors des rapports sexuels réduit les chances de séroprévalence, un effet croissant avec la richesse des ménages. Enfin, l’approche macro-économétrique révèle l’existence d’une relation positive (négative) entre, d’une part, le niveau de la prévalence régionale du VIH, et, d’autre part, le niveau de vie monétaire moyen provincial (la pauvreté) des ménages. En même temps, la relation entre la prévalence du VIH et la pauvreté, appréhendée au niveau régional, n’est pas linéaire. En outre, l’estimation des modèles d’économétrie spatiale montre un impact de la crise ivoirienne sur la prévalence du VIH en Burkina Faso, consécutivement au retour massif des migrants burkinabè de Côte d’Ivoire – notamment, à partir de 2000 –, pays où la séroprévalence est, en moyenne, cinq fois plus élevée qu’au Burkina Faso. Deuxièmement, et corrélativement, la relation entre la prévalence du VIH et la pauvreté est questionnée. Tout d’abord, des facteurs structurels pourraient contribuer à biaiser la relation entre les ressources des ménages et la prévalence du VIH/SIDA. D’une part, la persistance de facteurs cognitifs et comportementaux inhérents à la société traditionnelle, malgré le rythme élevé de croissance économique par tête qui a prévalu au cours des deux dernières décennies. En particulier, la construction sociale des attributs et des rôles féminins confère aux hommes un statut de « decision-makers » en ce qui concerne les relations sexuelles, tandis que la persistance des croyances séculaires contribue à minimiser la perception du VIH/SIDA en termes de risques, indépendamment du niveau de vie. D’autre part, les deux sous-ensembles géographiques où la prévalence du VIH est plus élevée que la moyenne nationale, tendent à exhiber des moyennes régionales des dépenses par tête plus élevées, comparativement aux autres zones. Par ailleurs, l’enclavement du Burkina Faso a exigé un développement du trafic routier et ferroviaire avec les pays limitrophes, notamment la Côte d’Ivoire. De ce fait, il se peut que les conditions structurelles du processus de développement burkinabè, concomitantes avec d’importants flux d’échange de biens, de services et de main-d’oeuvre avec un pays où la prévalence du VIH est particulièrement élevée, constituent un élément d’explication de la relation positive entre les ressources des ménages et la séroprévalence. Ensuite, des facteurs conjoncturels ont probablement contribué à renforcer la relation inverse entre la prévalence du VIH et la pauvreté, l’analyse macro-économétrique mettant en évidence une relation directe entre le retour massif des migrants de Côte d’ivoire et le niveau de prévalence du VIH au Burkina Faso. Based on the data of the Demographic and Health Survey, and of the Household Priority Survey, carried out in 2003, the present study, examining the factors of the HIV prevalence in Burkina Faso, provides two conclusions. Firstly, the fight against poverty is not necessarily a means of reducing at the same time in a drastic way the HIV/AIDS prevalence, an assertion based on several elements of empirical analysis. First of all, the concentration curve, measuring the « socioeconomic » inequality of the seroprevalence, is « pro-poor ». Then, the micro-econometric estimates of the probit models suggest a positive relation between the HIV prevalence of the adult women and men, and the standard of living of the individuals. At the same time, the probit models highlight a probability of HIV prevalence increasing with : (i) the age, and ; (ii) the localization in Ouagadougou, the capital, and in the majority of the areas of the west and south-west of the country, compared to the other zones. On the other hand, the sexual relations with condoms reduce the chances of seroprevalence, an effect growing with the wealth of the households. Lastly, the macro-econometric approach reveals the existence of a positive (negative) relation between, on the one hand, the level of the regional HIV prevalence, and, on the other hand, the average monetary provincial standard of living (the poverty) of the households. At the same time, the relation between the HIV prevalence and the poverty, apprehended at the regional level, is not linear. Moreover, the estimate of the spatial econometrics models indicates an impact of the crisis of Côte d’Ivoire on the HIV prevalence in Burkina Faso, consecutively with the massive return of a large number of refugees, displaced or repatriated persons originating from Côte d’Ivoire – in particular, since 2000 –, country where the seroprevalence is, on average, five times higher than in Burkina Faso. Secondly, and correlatively, the relation between the HIV prevalence and poverty is questioned. First of all, some structural factors could contribute to skew the relation between the resources of the households and the prevalence of the HIV/AIDS. On the one hand, the persistence of cognitive and behavioral factors inherent to the traditional society, in spite of the high rate of economic growth per capita which prevailed during two last decades. In particular, the social construction of the female attributes and roles confers to men a statute of « decision-makers » with regard to the sexual intercourse, while the persistence of the secular beliefs contributes to minimize the perception of the HIV/SIDA in terms of risks, independently of the standard of living. In addition, the two geographical subsets where the HIV prevalence is higher than the national average, tend to have higher regional averages per capita expenditure, compared to the other zones. In addition, the enclavement of Burkina Faso required a development of the road and railway traffic with the countries bordering, in particular Côte d’Ivoire. So, it may be that the structural conditions of the process of development of Burkina Faso, concomitant with significant flows of exchange of goods, services and labour with a country where the prevalence of the HIV is particularly high, constitute an element of explanation of the positive relation between the resources of the households and the HIV seroprevalence. Then, factors related to the conjuncture probably contributed to reinforce the opposite relation between the HIV seroprevalence and poverty, the macro-econometric analysis highlighting a direct relation between the massive return of the migrants of Côte d'Ivoire and the level of HIV prevalence in Burkina Faso. (Full text in french)

JEL-codes: I12 I32 (search for similar items in EconPapers)
Pages: 26 pages
Date: 2005-06
New Economics Papers: this item is included in nep-afr
References: View references in EconPapers View complete reference list from CitEc
Citations:

There are no downloads for this item, see the EconPapers FAQ for hints about obtaining it.

Related works:
This item may be available elsewhere in EconPapers: Search for items with the same title.

Export reference: BibTeX RIS (EndNote, ProCite, RefMan) HTML/Text

Persistent link: https://EconPapers.repec.org/RePEc:mon:ceddtr:112

Access Statistics for this paper

More papers in Documents de travail from Groupe d'Economie du Développement de l'Université Montesquieu Bordeaux IV
Bibliographic data for series maintained by ( this e-mail address is bad, please contact ).

 
Page updated 2025-03-31
Handle: RePEc:mon:ceddtr:112