Enjeux et gestion, pour les structures, du manque d'attractivité des métiers du soin et de la dépendance
Jean-Yves Ottmann () and
Céleste Fournier ()
Additional contact information
Jean-Yves Ottmann: DRM - Dauphine Recherches en Management - Université Paris Dauphine-PSL - PSL - Université Paris Sciences et Lettres - CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique
Céleste Fournier: IRG - Institut de Recherche en Gestion - UPEC UP12 - Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne - Paris 12 - Université Gustave Eiffel
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Abstract:
POURQUOI, QUE FAIRE ? Le terme d'attractivité n'est pas d'un maniement aisé sous son apparente évidence. Il désigne le manque d'attrait du travail et/ou de l'entreprise, des difficultés de recrutement, d'intégration et/ou de rétention des personnes au travail. Les difficultés commencent au-delà de cette énumération : pourquoi et que faire ? À la lecture des contributions de ce numéro 17 de La Revue des conditions de travail, il est sans nul doute moins question d'analyse des grandes causes du manque d'attractivité que de propositions de moyens et de modes d'action pour remédier à la situation. Ce numéro s'inscrit donc dans une veine résolument pragmatique : qu'est-il possible de faire et comment apporter des réponses aux questions que se posent les acteurs sociaux aux prises avec des difficultés diverses et des irritants prononcés ? De ce point de vue, ce numéro représente une aide pour imaginer comment faire autrement dans certaines situations, même s'il délaisse quelque peu une réflexion générale pour expliquer les réalités observées sur le terrain. Pourtant, il est vrai que les interrogations n'ont pas manqué ces dernières années pour évoquer ce qui secoue le monde du travail et ses évolutions : perte de centralité du travail et méfiance vis-à-vis du salariat, volonté des nouveaux arrivants de mieux être entendus et compris, de ne pas s'engager à n'importe quel prix dans l'activité productive, recherche de sens ou encore d'un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, etc. Et à côté de ces éléments qui pourraient facilement être qualifiés de « subjectifs », ces dernières années toujours, le couperet du changement s'est parfois abattu avec force, laissant les organisations et les acteurs parfois désemparés. Il en a été ainsi avec les confinements pendant les périodes pandémiques et l'arrêt presque complet de l'activité économique qui a poussé beaucoup à s'interroger sur le sens de leur engagement dans le travail. Et au moment de la reprise, les démissions de salariés souvent en CDI ont été à la hausse au point de pousser certains à parler de « grande démission ». Pensons aussi à la normalisation du télétravail et à la revendication d'une semaine ramenée à quatre jours effectifs de travail. Évoquons également les incertitudes qui semblent tarauder une part grandissante de la population active : catastrophe écologique avec l'éco-anxiété, disparition de certains métiers sous le coup du développement de l'intelligence artificielle, problèmes économiques grandissants, géopolitique mondiale pour le moins chaotique et lourde de menaces. Pourquoi continuer à travailler dans ces conditions si le pire est quasiment certain ?
Date: 2026-03-01
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Published in La Revue des conditions de travail, 2026, 17, pp.85-97
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