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Gouvernance et innovation publique: perspectives internationales sur les grands défis environnementaux et sociaux

Madina Rival (), Isabelle Godbout, Anne Berthinier-Poncet, Maryse Carmes (), Lara Maillet and Fanny Tremblay-Racicot
Additional contact information
Madina Rival: LIRSA - Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action - Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam]
Isabelle Godbout: ENAP - École nationale d'administration publique (Québec, Province)
Anne Berthinier-Poncet: LIRSA - Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action - Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam]
Maryse Carmes: DICEN-IDF - Dispositifs d'Information et de Communication à l'Ère du Numérique - Paris Île-de-France - UPN - Université Paris Nanterre - Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam] - Université Gustave Eiffel
Lara Maillet: ENAP - École nationale d'administration publique (Québec, Province)
Fanny Tremblay-Racicot: ENAP - École nationale d'administration publique (Québec, Province)

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Abstract: Dans son dernier rapport de 2023, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) rappelle que les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont contribué à un rythme sans précédent, au réchauffement climatique : la température de la surface du globe s'est élevée d'1,1 °C par rapport à la période pré-industrielle (Intergovernmental Panel on Climate Change, 2023). Quels que soient les scénarios d'émission, le GIEC estime que le réchauffement de la planète atteindra 1,5 °C dès le début des années 2030. Ces transformations du régime climatique planétaire sont sans équivoque d'origine anthropique et leurs conséquences multidimensionnelles (sociales, sanitaires, économiques). À travers la planète, des revendications et des luttes appelant à davantage de justice environnementale, d'anticipations des crises et d'adaptation des politiques publiques, de délibération des décisions et de co-construction collective des solutions ne cessent de croître, et ne trouvent que trop peu souvent d'écho au sein des institutions publiques, qui tardent à s'adapter. Ce numéro spécial est le fruit d'une collaboration de plusieurs années entre deux unités de recherche en France et au Québec, le LIRSA [1] au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) et le CERGO [2] à l'Enap (École nationale d'administration publique). Des deux côtés de l'Atlantique, la double urgence environnementale et sociale est au cœur des recherches en politiques et management public. Ces deux dimensions, étroitement imbriquées, accentuent la complexité des défis auxquels doit répondre l'action publique. Sur le plan environnemental, la France a émis en 2023 près de 421 millions de tonnes équivalentes CO2, et l'empreinte carbone par habitant demeure proche de 9,4 tonnes (Agence européenne pour l'environnement, 2024). Près de 18 % des espèces de la faune et de la flore y sont aujourd'hui menacées, tandis que les sécheresses répétées imposent des restrictions d'usage de l'eau à l'échelle de la quasi-totalité du territoire (Office français de la biodiversité, 2024). Au Québec, la transition énergétique et la gestion des milieux naturels constituent des priorités constantes, avec des programmes publics mobilisant plusieurs dizaines de millions de dollars, tels que le Plan pour une économie verte 2030 (PEV). Ces mesures traduisent la reconnaissance de l'urgence climatique et de la nécessité de réponses institutionnelles innovantes. Parallèlement, la crise sociale s'est accentuée dans les deux contextes. En France, le taux de pauvreté a atteint 15,4 % en 2025, soit 650 000 personnes supplémentaires tombées sous le seuil de pauvreté en un an, et l'indice de Gini (0,297 en 2023) témoigne d'un creusement des inégalités de revenus. Les écarts d'espérance de vie entre catégories sociales restent significatifs, illustrant l'ancrage profond des inégalités (Insee, 2025). Au Québec, plus de 267 000 ménages étaient prestataires de l'aide sociale en 2024 (+4 % en un an), tandis que le chômage des jeunes (15-24 ans) atteignait 12,1 % à l'été 2024, révélant une fragilité persistante de l'intégration professionnelle des nouvelles générations. Ces indicateurs mettent en évidence une précarisation accrue, qui interroge la capacité des politiques publiques à maintenir la cohésion sociale (ISQ, 2025). Ainsi, les crises environnementales ne se résolvent pas sans justice sociale, et les ruptures sociales ne peuvent être contenues sans transitions écologiques. Dans ce cadre, l'administration publique, déjà mobilisée pour réguler, financer ou coordonner, est appelée à inventer de nouveaux modes d'action, que ce soit en termes de gouvernance, de pilotage, de concertation ou de coopération interinstitutionnelle. Les défis sociétaux, environnementaux, sanitaires, économiques, surviennent alors que s'initient des transformations dans les pratiques de la gestion publique, qu'elle relève des États subnationaux, centraux, des instances décentralisées ou des territoires (Bradford, 2005). Ces changements ont conduit à une réflexion sur les modalités d'action publique et de gouvernance, sollicitant une adaptation constante face aux défis contemporains et une transformation des modèles de démocraties participatives (Rosanvallon, 2006 ; Le Galès et Lorrain, 2003). Il s'agit de concevoir une action publique participative, distribuée, polycentrique et adaptative permettant de répondre à la fois aux besoins du plus grand nombre tout en ne négligeant pas les plus démunis (Maillet et al., 2023). De nombreuses évolutions globales et sectorielles sont en cours. Cependant, reste à déterminer la manière dont ces nouveaux paradigmes favorisent des innovations non seulement organisationnelles, managériales, mais aussi, et surtout, sociopolitiques. La gouvernance collaborative de l'action publique (Favoreu et al., 2016 ; Suire et al., 2018), les pratiques de concertation, les paradigmes de l'action publique participative (Blatrix et al., 2021 ; Lascoumes, 2018), l'enrichissement et les limites des ingénieries de concertation constituent autant de processus à examiner et à évaluer (Ansell et al., 2008 ; Blondiaux et Sintomer, 2002). Les approches pragmatiques de l'action publique (Centemeri, 2015 ; Zittoun, 2019 ; Cantelli et al., 2009), de ses instruments (Pesle, 2019) et des rapports aux publics permettent notamment d'interroger la fabrique de l'action publique dans toute sa complexité et au plus près du terrain (Goudet et al., 2024). C'est dans cette perspective que s'inscrit ce numéro spécial, en croisant des approches francophones, théoriques et empiriques, sur les dynamiques contemporaines de gouvernance et d'innovation publique face aux grands défis sociétaux et environnementaux. Au-delà de la modernisation publique, ce sont les liens entre l'innovation publique et les nouvelles formes de gouvernance de l'action publique qui sont explorés. Ce numéro spécial propose un regard transatlantique autant que transdisciplinaire sur le sujet.

Keywords: Politique environnementale; Innovation sociale / social innovation; Gouvernance publique (search for similar items in EconPapers)
Date: 2025-12-01
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Citations:

Published in Politiques et Management public, 2025, 3-4 (42), ⟨10.1684/pmp.2025.89⟩

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DOI: 10.1684/pmp.2025.89

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