Les grandes écoles de la fonction publique parviennent-elles à attirer et retenir leurs diplômés ? Une approche des carrières normaliennes au prisme des scripts de carrière
Marc-Antoine Jacob ()
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Marc-Antoine Jacob: LIRSA - Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action - Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam], Cnam - Conservatoire National des Arts et Métiers [Cnam]
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Abstract:
Le déficit d'attractivité des métiers du secteur public est bien documenté, tant au niveau international (Acheampong, 2021 ; Bright et Graham, 2015) qu'en France, où il tend à s'aggraver (Prouet et al., 2024) : 15% des postes offerts aux concours de la fonction publique d'Etat n'ont ainsi pas été pourvus en 2022 (ibid). Une tendance à délaisser les carrières publiques est même observée parmi les étudiants qui ont été formés pour y travailler, au profit du secteur privé ou non-marchand (Fowler et Birdsall, 2020 ; Bright et Graham, 2015 ; Rose, 2013) Afin de comprendre les choix de carrière, cette recherche opte pour le prisme théorique des scripts de carrière (Barley, 1989) qui présente l'avantage de tenir compte à la fois des décisions de l'acteur et de l'influence des institutions. Dans la lignée des travaux récents sur le sujet (Vignal, 2024 ; Sidi Ali Cherif et Garbe, 2023a ; Schneidhofer et al., 2020 ; Laudel et al., 2019 ; Mayrhofer et al., 2015), la présente recherche considère la carrière comme co-construite par l'individu, possédant une réflexivité et une liberté d'action propres, et l'institution, qui modèle ses comportements, raisonnements et logiques. Nous souhaitons ici porter la focale sur les grandes écoles qui destinent leurs diplômés à des carrières publiques, afin de comprendre si elles parviennent à attirer et fidéliser leurs diplômés vers le secteur public. En France, plusieurs établissements sélectionnent et forment des étudiants, qui ont vocation à évoluer professionnellement ensuite dans le secteur public, en leur offrant une rémunération durant leur formation en contrepartie d'un engagement à travailler dans le secteur public ( ou académique pours les diplômés des Ecoles Normales Supérieures) pendant plusieurs années à l'issue de l'obtention du diplôme. Dans ce contexte de désaffection des emplois publics, ces établissements arrivent-ils à alimenter insérer et à fidéliser leurs diplômés dans le secteur public?Afin d'étudier des véritables choix de carrière entre public ou privé, nous avons choisi d'étudier les diplômés en économie et gestion. En effet, ces disciplines sont caractérisées pour leur excellent taux d'insertion professionnelle : 87% des diplômés d'un master en économie et/ou gestion occupent un emploi 18 mois après l'obtention de leur diplôme (Durand et Yildiz, 2024), ce qui constitue le taux le plus élevé parmi les différentes disciplines universitaires françaises. Notre recherche portera en particulier sur les « normaliens », c'est-à-dire les étudiants ayant réussi un concours très sélectif à l'issue de deux années de classes préparatoires, ayant suivi une formation en économie et en gestion à l'Ecole Normale Supérieure de Paris Saclay (ex- ENS Cachan) entre 1996 et 2016.
Keywords: talent management; HR; public sector; Career scripts (search for similar items in EconPapers)
Date: 2026-06-02
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Citations:
Published in Symposium international - Le management public à l'épreuve du publicness, ENAP, Jun 2026, Québec (CA), Canada
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