Combattre la pauvret dans le Congo en situation de post-conflict
Laurent Luzolele Lola Nkakala and
Stefaan Marysse
No 2002.02, IOB Discussion Papers from Universiteit Antwerpen, Institute of Development Policy (IOB)
Abstract:
1. Dans le premier axe nous voquerons bri vement quelques d finitions et les principales causes de la pauvret . Selon la Banque Mondiale, la croissance conomique est la meilleure politique contre la pauvret . Cependant, elle constate que la croissance conomique n'est pas synonyme de r duction des in galit s ou de diminution de la pauvret . Celle-ci a plusieurs causes et exige plus que la simple croissance pour la combattre. Nous y donnons aussi quelques l ments sp cifiques qui distinguent la pauvret urbaine de la pauvret rurale. 2. Le deuxi me axe compare la situation du Congo (R publique D mocratique du Congo-RDC) avec celle de ses voisins sur les crit res de l'indicateur du d veloppement humain (IDH ou HDI). La situation socio conomique du Congo se r sume en ces termes: l' conomie est bloqu e et l'Etat ne dispose ni d'institution financi re de grande envergure, ni de groupe d'hommes (bourgeoisie locale) d'affaires qui peuvent financer l' conomie: d s lors, l'Etat congolais se doit de r unir les capacit s de remettre la machine en marche avec la participation de tous les acteurs de d veloppement (secteur public, secteur priv , secteur associatif) afin de renverser les tendances n gatives de beaucoup d'indicateurs de d veloppement humain pour le pays. Quelques strat gies de lutte contre la pauvret en g n rale sont trait es. 3. En troisi me lieu, nous donnerons quelques r flexions sur les contraintes li es au facteur Temps dans la lutte contre la pauvret . Combattre la pauvret dans la p riode de transition ne peut tre valable que si cela s'inscrit dans une dynamique de d veloppement global et durable (en d'autres termes, les r sultats positifs obtenus doivent se reproduire). Dans le cas du Congo, les r ponses doivent tre trouv es deux types de questions: Les questions li es au Temps dans la lutte contre la pauvret (temps sociologique et conomique, strat gies court terme et long terme). La pauvret elle-m me tant multidimensionnelle, elle n'a pas une d finition univoque dans l'espace et dans le temps et ne peut tre combattue par une seule action. D s lors dans un pays o les structures socio- conomiques sont d sarticul es, les capacit s de r ceptivit ou d'absorption des innovations culturelles et morales apporter peuvent exiger un temps long. Les strat gies de lutte contre la pauvret m me pendant la p riode de transition doivent donc se d finir dans un processus coh rent de d veloppement de l'ensemble de la soci t . Celui-ci (le d veloppement) tant d fini comme un ensemble des changements de structures associ s la g n ration, la r partition, l'utilisation du surplus conomique. Dans ce m me cadre, le temps sociologique renvoie aux strat gies de formation, de sensibilisation pour am liorer la participation de la population tous les stades qui concernent la prise de d cisions sur son devenir et le contr le sur l'utilisation des ressources. Pour cela la d mocratisation et la libert des espaces culturels d'expression et de rencontre doivent tre une priorit pour vacuer la situation anomique qui cr e une soci t sans r gles ni sanction sociale pour les gestionnaires politiques. La lutte contre la pauvret doit compter sur la construction d'un capital social productif qui recr e des rep res et des r f rences qui incitent la recherche de l'int r t g n ral pour sortir de ce qu'on pourrait appeler "culture des pauvres" (la reproduction de la pauvret ). Les questions li es aux moyens sociaux et financiers mettre en oeuvre pour stimuler le d veloppement conomique court et long termes. La croissance et la construction de la soci t ne se r alisent pas sur les exclusions qui constituent une des causes fondamentales de la pauvret . La solidarit est une t che de la collectivit et non du priv . Cependant, le capital social productif suppose une articulation particuli re de tous les acteurs de d veloppement: secteur public, secteur priv (march ) et secteur associatif. Cette articulation n cessite galement du temps (Temps conomique). Le temps conomique est r gul par le march efficace. Ce dernier est aujourd'hui caract ris par une explosion du secteur informel qu'il conviendrait de r cup rer. Le probl me qui se pose ce niveau est celui de savoir si le pays, la RDC, dispose d'une capacit d'absorption des moyens financiers et autres qui peuvent tre mis sa disposition. 4. Enfin le quatri me axe conclura sur quelques pistes de r flexions concernant les strat gies court et long termes pour lutter contre la pauvret dans le Congo d'aujourd'hui. L'Etat doit retrouver son r le de r gulateur et de redistributeur. Il doit cr er les conditions de reprise en relan ant des programmes de cr dit et des travaux publics (infrastructures) pour d velopper la capacit d'absorption par les entreprises et les m nages des moyens mis la disposition du Congo. Une r flexion sur les instruments budg taires (affectations des ressources) et fiscaux doit tre men e pour voir dans quelle mesure on peut diminuer les co ts et proposer la gratuit de certains services sociaux bien cibl s court terme pour une visibilit imm diate de nouvelles actions de l'Etat reconstruit.
Pages: 58 pages
Date: 2002
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