EconPapers    
Economics at your fingertips  
 

Les déterminants de l'inégalité du bien-être au Burkina Faso: une décomposition de régression

Jean-Pierre Lachaud

Documents de travail from Groupe d'Economie du Développement de l'Université Montesquieu Bordeaux IV

Abstract: Entre 1994-95 et 1998, l'inégalité des dépenses par tête des ménages urbains a augmenté de 6,9 et 27,7 pour cent, respectivement, pour les indices de Gini et de Theil, alors que dans le milieu rural, les mêmes indicateurs d'inégalité du niveau de vie ont décliné, respectivement, de 6,8 et 15,4 pour cent. Dans ce contexte, l'appréhension des facteurs de l'inégalité des ressources monétaires des ménages, fondée sur une décomposition de régression au cours de la période 1994-98, conduit à deux conclusions – issues principalement du modèle logarithmique. Premièrement, en ce qui concerne les sources du niveau de l'inégalité du bien-être, dans le milieu rural, la prééminence de la démographie des ménages, de l'instruction et du statut du travail du chef de famille, et, dans une moindre mesure, du type de ménages et du taux d'emploi dans ces derniers, est mise en évidence. Dans les agglomérations, la configuration des sources de l'inégalité du niveau de vie présente des similitudes. Ainsi, en1998, 38,2 pour cent de l'inégalité du niveau de vie sont expliqués par la dimension des familles et l'instruction du chef de ménage, une proportion rehaussée de 13,2 points de pourcentage, comparativement à 1994-95. Mais, ce résultat contraste avec la situation qui prévaut en milieu rural puisque, dans ce dernier, la démographie des ménages et l'instruction du chef de famille n'expliquent que 18,8 pour cent de l'inégalité des dépenses. De ce fait, dans les villes, la part de l'inégalité du bien-être des ménages expliquée par les autres facteurs est relativement réduite, même si le statut d'agriculteur de rente ou de subsistance du chef de ménage, ainsi que la proportion de personnes employées par famille, constituent aussi des facteurs d'inégalité du niveau de vie. Deuxièmement, l'examen des déterminants de la dynamique de l'inégalité du bien-être entre 1994-95 et 1998 appelle deux commentaires. Tout d'abord, dans le milieu rural, deux facteurs ont fortement contribué positivement à réduire l'inégalité du niveau de vie des ménages : l'accès à l'instruction du chef de ménage et des autres membres du groupe, et le taux d'emploi par ménage – auxquels il faut ajouter l'impact, plus modeste, du statut du travail et de la localisation spatiale. Ensuite, dans les villes, l'instruction du chef de ménage et la démographie des familles sont les deux facteurs qui ont le plus influencé l'accroissement de l'inégalité du bien-être. A cet égard, comme dans le secteur rural, l'accès à l'enseignement supérieur pour le chef de ménage contribue à réduire l'inégalité du niveau de vie, alors que l'inverse prévaut pour l'instruction secondaire. En outre, la dimension du ménage est source d'augmentation de l'inégalité des ressources des ménages dans les zones urbaines, tout comme dans les campagnes où elle a freiné la baisse de l'inégalité. En définitive, tant dans le milieu rural que dans les villes, le rôle du capital humain – au-delà du niveau d'instruction primaire – et des facteurs démographiques quant à l'explication du niveau et de la variation de l'inégalité du bien-être monétaire est mis en relief, une conclusion logique compte tenu du faible taux d'alphabétisation dans le pays. Néanmoins, le taux d'emploi des ménages et la nature des statuts du travail, surtout en milieu rural, influencent les disparités de niveau de vie. Dans ces conditions, rehausser l'investissement en capital humain pourrait concourir à réduire les inégalités de bien-être, directement en augmentant le rendement des différents actifs disponibles, et indirectement en améliorant l'accès au marché du travail et en réduisant la fécondité. Between 1994-95 and 1998, the expenditure per capita inequality of the urban households increased by 6,9 and 27,7 percent, respectively, for the indices of Gini and Theil, whereas in the rural areas, the same indicators of welfare inequality declined, respectively, of 6,8 and 15,4 percent. In this context, the apprehension of the factors of the inequality of the households monetary resources, based on a decomposition of regressions during the period 1994-98, suggests two conclusions, mainly from the logarithmic model. Firstly, with regard to the sources of the level of welfare inequality, in the rural areas, the preeminence of the household demography, the instruction and the labour statute of the household head, and, to a lesser extent, type of households and employment rate by family, is highlighted. In the cities, the configuration of the sources of the welfare inequality is rather similar. Thus, in 1998, 38,2 percent of the inequality of the standard of living are explained by the families size and the instruction of the household head, an increased proportion of 13,2 points of percentage, compared to 1994-95. But, this result contrasts with the situation which prevails in the rural sector since, in this last, the household demography and the instruction of the family head explain only 18,8 percent of the expenditure inequality. So, in the cities, the share of the welfare inequality of the households explained by the other factors is relatively reduced, even if the statute of farmer of the household head, as well as the proportion of people employed in the households, constitute also factors of welfare inequality. Secondly, the examination of the determinants of the dynamics of welfare inequality between 1994-95 and 1998 suggests two observations. First of all, in the rural areas, two factors contributed strongly positively to reduce the households welfare inequality: the access to the instruction of the household head and other members of the group, and the employment rate by household, for which it is necessary to add the more modest impact of the labour statute and the spatial localization. Then, in the cities, the instruction of the household head and the families demography are the two factors which have the most influenced the increase in the welfare inequality. In this respect, as in the rural sector, the access to higher education for the household head contributes to reduce the welfare inequality, whereas the reverse prevails for the secondary education. Moreover, the household size increases the inequality of the urban household resources, just like in the rural areas where it slowed down the fall of the inequality. Thus, in the rural areas and the cities, the role of the human capital – beyond the primary educational level –, and of the demographic factors, as for the explanation of the level and the variation of the inequality of the monetary welfare, is highlighted, a logical conclusion taking into account the low literacy rate in the country. Nevertheless, the employment rate by household and the nature of the labour statutes, especially in rural areas, influence the welfare inequality. Under these conditions, an increase in human capital investment could contribute to reduce the welfare inequality, directly by increasing the return of the various available assets, and indirectly by improving the access to the labour market and reducing the fertility rate. (Full text in French)

JEL-codes: C43 O15 (search for similar items in EconPapers)
Pages: 25 pages
Date: 2003-07
References: View references in EconPapers View complete reference list from CitEc
Citations: View citations in EconPapers (2)

There are no downloads for this item, see the EconPapers FAQ for hints about obtaining it.

Related works:
This item may be available elsewhere in EconPapers: Search for items with the same title.

Export reference: BibTeX RIS (EndNote, ProCite, RefMan) HTML/Text

Persistent link: https://EconPapers.repec.org/RePEc:mon:ceddtr:85

Access Statistics for this paper

More papers in Documents de travail from Groupe d'Economie du Développement de l'Université Montesquieu Bordeaux IV
Bibliographic data for series maintained by ( this e-mail address is bad, please contact ).

 
Page updated 2025-03-31
Handle: RePEc:mon:ceddtr:85