EconPapers    
Economics at your fingertips  
 

La situation des grands groupes bancaires français à fin 2017

Catherine Adenot, Eugenio Avisoa, Pierre Berthonnaud, Sylviane Ginefri, Pierre Harguindeguy, Joël Guilmo, Laurent Faivre, Oana Toader (), Fleur De Saussure and Emmanuel Point

Analyse et synthese from Banque de France

Abstract: En 2017, les six grands groupes bancaires français affichent des performances solides, dans un environnement macro-économique qui s’améliore progressivement mais avec des taux d’intérêt toujours très faibles et une volatilité sur les marchés à des niveaux également très bas d’un point de vue historique. ? Avec un PNB en 2017 de 146,4 milliards d’euros, les 6 principaux groupes bancaires français enregistrent une croissance de leurs revenus de 0,5 %. Cette apparente stabilité s’accompagne de disparités fortes, à la fois entre banques et entre lignes métiers. Ainsi, si les revenus de la banque de détail (+0,5 %) et ceux de la BFI (+0,8 %) affichent une croissance relativement modérée en 2017, les revenus de la gestion d’actifs et de l’assurance s’inscrivent en revanche en forte hausse (+9,6 %). ? La décroissance de la marge nette d’intérêt associée aux activités de la banque de détail se poursuit tant en France qu’à l’international dans un contexte de taux toujours très bas. La hausse des encours de crédits et le dynamisme des commissions (qui progressent globalement de 6,2 %) ne suffisent pas à compenser la faiblesse des marges (les flux nets d’intérêt reculent de 2,3 %). ? Les frais de gestion augmentent (+2,7 %) plus vite que le PNB, de sorte que le coefficient d’exploitation se dégrade à nouveau à fin 2017, à 69 %, soit un niveau très proche du niveau médian observé pour les grandes banques européennes (69,4 %). ? Le coût du risque des banques diminue de 18 % en 2017 et se situe désormais à son niveau le plus faible depuis 2007. Rapporté au total de bilan, le coût net du risque s’élève à 0,11 %, en recul de 2,7 points de base (bps). En revanche, les litiges ont eu un impact significatif en 2017 alors qu’a contrario une plus-value de près de 3 milliards d’euros liée à la cession des titres Visa Europe avait augmenté les bénéfices réalisés en 2016. ? La rentabilité d’exploitation progresse, ce que traduit la hausse du résultat avant impôt de 3,6 %. Le résultat net total est stable (+0,3 %) tout comme la rentabilité moyenne des actifs, ou RoA, qui se maintient à 0,36 %, un niveau nettement inférieur à la médiane des banques européennes, qui s’améliore nettement par rapport à 2016 (+17 bps à 0,43 %). Cette situation tranche ainsi avec celle qui pouvait être observée depuis 20121. La rentabilité sur capitaux propres, ou RoE s’élève à 6,3 % en légère diminution sur un an (-0,2 point de pourcentage (pt)), mais à un niveau qui reste supérieur au RoE d’un échantillon de grandes banques européennes comparables (5,9 %). Les grandes banques françaises poursuivent le renforcement de la qualité de leurs bilans et de leurs ratios prudentiels tout en anticipant le respect des nouvelles exigences réglementaires : ? Le bilan agrégé des cinq grands groupes s’établit à 6 282 milliards d’euros fin 2017, en diminution de 3,3 %. Cette baisse s’explique principalement par la réduction de la taille des portefeuilles de transaction et des actifs disponibles à la vente (-17 % au global). À l’actif, ces évolutions sont contrebalancées par l’augmentation des comptes de trésorerie et des dépôts auprès des banques centrales (+14,9 %) ainsi que des crédits auprès des entreprises non financières (+9,6 %). Au passif, les dépôts clientèle hors établissements de crédit augmentent (+3,2 %) ainsi que les capitaux propres part du groupe (+2 %). ? La qualité des crédits en portefeuille continue de s’améliorer avec un taux d’encours dépréciés qui enregistre un nouveau repli (-45 bps à 3,45 %), principalement porté par les encours aux ménages et aux sociétés non financières. Cette amélioration est le résultat de la hausse des encours totaux et, en parallèle, de la diminution des encours dépréciés. Depuis 2015, le taux de provisionnement global des encours dépréciés est stable à 56 %. ? Sous le double effet d’une hausse des fonds propres CET1 (+3,4 % à 306 milliards d’euros) et d’une baisse des actifs pondérés (-0,4 % à 2 221 milliards d’euros) le ratio de solvabilité CET1 cumulé des 6 groupes bancaires français a de nouveau progressé de 50 bps pour s’établir à 13,8 %. Le ratio CET1 médian des banques françaises, tiré par les groupes mutualistes, est légèrement supérieur à celui d’un échantillon de grandes banques européennes (14,1 % contre 13,9 %). Bien qu’aucune banque n’applique encore cette norme à fin 2017, les groupes anticipent un impact de mise en oeuvre initiale d’IFRS 9 sur leur ratio de solvabilité Common equity tier 1 (CET1) compris entre 10 bps et 30 bps lié à une hausse des provisions pour risque de crédit. ? Par ailleurs, entre 2016 et 2017, les banques françaises ont légèrement amélioré leurs ratios de liquidité (à fin 2017, le Liquidity Coverage Ratio (LCR) agrégé des 6 groupes s’établit à 131,7 % et le Net Stable Funding Ratio (NSFR) cumulé à 107 %). ? Enfin, les banques françaises d’importance systémique mondiale ont pleinement intégré les nouvelles exigences relatives à la capacité totale d’absorption des pertes (TLAC), dont l’application débutera dès 2019. Alors que les progrès accomplis par les banques françaises depuis la crise pour renforcer leurs bilans et leur structure de financement sont considérables, des points de vigilance en termes de supervision doivent être relevés : ? L’évolution des coûts d’exploitation demeure un sujet d’attention et un enjeu fort : pour la deuxième année consécutive, ils ressortent en hausse pour les 6 groupes bancaires français, alors même que des plans de transformation se sont succédé depuis 2013. Néanmoins, le coefficient d’exploitation des groupes français se situe en moyenne à un niveau proche de la médiane calculée sur les grandes banques européennes d’envergure internationale. ? Ces plans de transformation visent à répondre aux enjeux majeurs que constituent le besoin de réduction des coûts, la prise en compte de la révolution digitale et l’émergence de nouveaux acteurs. Pour cela, les banques revoient leurs modèles d’activité, rationalisent leurs réseaux, renforcent l’externalisation des fonctions supports, investissent dans l’adaptation de leurs systèmes d’information et multiplient les partenariats ou acquisitions dans l’univers des Fintech. Certaines évolutions sont susceptibles de générer de nouveaux risques (notamment en termes de continuité d’activité, de cybersécurité, de traitement des données) et doivent être encadrées. ? L’environnement prolongé de taux bas peut menacer le redressement de la marge nette d’intérêt et également conduire les établissements à une prise de risque accrue sur certains secteurs. Ainsi, pour préserver la résilience des banques dans un contexte de hausse de l’endettement des grandes entreprises continue depuis 2005, le Haut Conseil de Stabilité Financière a, conformément aux dispositions de l’article 458 de CRR, décidé en mai 2018 d’appliquer une mesure ciblée sur les expositions aux grandes entreprises les plus endettées. ? La finalisation de l’accord de Bâle III le 7 décembre 2017 constitue un progrès important. Il vise à assurer un juste équilibre entre la réduction de la variabilité des actifs pondérés par les risques et le maintien de la sensibilité au risque. La mise en oeuvre complète du paquet finalisé de Bâle III est ainsi primordiale pour la stabilité financière.

Keywords: produit net bancaire; charges d’exploitation; coefficient d’exploitation; coût du risque; résultat net; ratio de solvabilité; indicateurs de risque. (search for similar items in EconPapers)
JEL-codes: G21 (search for similar items in EconPapers)
Pages: 44 pages
Date: 2018
References: Add references at CitEc
Citations:

Downloads: (external link)
https://acpr.banque-france.fr/sites/default/files/ ... et_syntheses_n89.pdf (application/pdf)

Related works:
This item may be available elsewhere in EconPapers: Search for items with the same title.

Export reference: BibTeX RIS (EndNote, ProCite, RefMan) HTML/Text

Persistent link: https://EconPapers.repec.org/RePEc:bfr:analys:89

Access Statistics for this paper

More papers in Analyse et synthese from Banque de France Banque de France 31 Rue Croix des Petits Champs LABOLOG - 49-1404 75049 PARIS. Contact information at EDIRC.
Bibliographic data for series maintained by Michael brassart ().

 
Page updated 2025-04-03
Handle: RePEc:bfr:analys:89