L’apprentissage sous pression
Bruno Coquet ()
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Bruno Coquet: DARES - Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques - Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé, OFCE - Observatoire français des conjonctures économiques (Sciences Po) - Sciences Po - Sciences Po
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Abstract:
La politique d'apprentissage conduite depuis 2020 est emblématique du quoi qu'il en coûte et de son héritage. Avec un coût budgétaire important, l'apprentissage ne semblait faire que des gagnants : les apprentis qui bénéficiaient de ressources pour financer leurs études, les employeurs dont le coût du travail était réduit, les organismes de formation dont l'activité progressait et les gouvernements qui affichaient des taux d'activité, d'emploi et de chômage flatteurs. La dégradation des comptes publics a mis fin à cet âge d'or. Le coût du dispositif d'apprentissage pour les finances publiques a culminé à 24,1 Md € en 2024. Des « régulations » limitées avaient bien été initiées dès 2023, mais la hausse continue des effectifs conjuguée à l'inertie des aides propre au contrat d'apprentissage décalait l'apparition des économies, suscitant une série de coups de rabot. Les dépenses ont commencé à refluer en 2025 (22,2 Md €), mais l'effet différé des coupes successives induit maintenant une baisse accélérée des dépenses qui seraient ramenées à 20,5 Md € en 2026. Ce budget reste élevé en raison des effectifs d'apprentis, mais le coût unitaire réel par apprenti baisse et retrouverait en 2026 son niveau de 2019. De nouveaux coups de rabots indiscriminés pourraient maintenant avoir des conséquences fâcheuses, mais des gains d'efficacité peuvent toutefois encore être obtenus dans certaines dépenses, et le financement du dispositif doit être assuré : Les aides et règles socio-fiscales s'appliquant aux apprentis et aux étudiants devraient être harmonisées, car les aides spécifiques aux apprentis sont dépourvues de caractère incitatif et inéquitables par rapport aux autres salariés. Les aides à l'embauche ont en moyenne retrouvé leur niveau réel de 2019, mais leur ciblage et leur montant relativement au coût du travail pourraient être affinés. Les coûts pédagogiques réels ont été fortement comprimés. Des ajustements à la marge, des bonifications manifestant la politique de compétences sont souhaitables, mais un nouveau coup de rabot indiscriminé risquerait de provoquer une contraction inappropriée de l'offre de formation et un plan social massif. Un financement pérenne des formations doit être trouvé : la taxe d'apprentissage n'assurant que la moitié des coûts pédagogiques, l'apprentissage reste très exposé aux aléas budgétaires. Avec un dispositif ainsi stabilisé, les parties prenantes retrouveront de la visibilité et les gains acquis ces dernières années pourront être capitalisés.
Keywords: Apprentissage (search for similar items in EconPapers)
Date: 2026-05-05
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Published in OFCE Policy Brief, 2026, 157, pp.1-16
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